"Vladimir Poutine entend conserver une apparence de légalité"
Paradoxalement, Vladimir Poutine est le principal artisan du succès de la manifestation moscovite hier.
Vladimir Poutine cherche à intimider l'opposition
Elle s'appelle « la marche du million ». Mais elle ne devrait pas réunir autant de personnes dans les rues de Moscou. La manifestation, à laquelle appellent aujourd'hui les opposants au régime de Vladimir Poutine, va mesurer leur capacité à encore entraîner l'opinion publique russe après les spectaculaires rassemblements de décembre dernier, qui ont réuni jusqu'à 100 000 personnes dans un froid hivernal.
"Le mouvement de contestation a fissuré le système Poutine"
Interview. Vladimir Poutine, réélu en mars, est investi à la présidence ce lundi, pour la troisième fois. Mais la donne a changé depuis son précédent mandat, souligne Thomas Gomart, chercheur à l'Ifri.
Après Poutine I et II, Poutine III. Elu au premier tour le 4 mars lors d'un scrutin contesté mais avec plus de 63 % des suffrages, l'homme fort de Russie réintègre son fauteuil de président ce lundi. Ces quatre dernières années, il l'avait laissé à Dmitri Medvedev faute de pouvoir enchaîner selon la Constitution plus de deux mandats consécutifs. Après deux premiers mandats de quatre ans entre 2000 et 2008, Poutine entame cette fois un mandat de 6 ans.
Que va faire désormais l'opposition en Russie ?
Une partie de l’opposition va continuer à appeler à la mobilisation, à l’instar d’un des meneurs, Sergueï Oudaltsov, qui a déjà fait un mois de prison, une grève de la faim et se montre donc déterminé à radicaliser le mouvement. Mais, au-delà de ces opposants professionnels, il y a du découragement. Après les législatives du 4 décembre, les gens ont eu le sentiment d’avoir été lésés, que leurs voix ont été volées. Dans le cas de la présidentielle, personne ne s’attendait à autre chose qu’une victoire de Vladimir Poutine puisque il n’y a pas de réelle alternative.
La révolte 2.0. en Russie est-elle irréaliste ?
Le online est passé offline" : voilà comment Véronika Dorman, journaliste à Moscou, décrit le passage des revendications démocratiques de la toile à la rue. Les réseaux sociaux sont, depuis la révolution verte, en Iran, devenus les vecteurs phares des citoyens désireux de s’unir et de s’organiser. Les révolutions arabes ont fait de certains bloggeurs des "stars", à l’image de Lina Ben Mhenni, jeune Tunisienne de 27 ans, sérieusement pressentie pour le prix Nobel de la Paix 2011.
En Russie, le bloggeur Alexey Navalny est considéré comme celui qui a mis le feu aux poudres en traitant publiquement Russie Unie du parti des "voleurs et des escrocs".
Le Web russe, "soupape d'évacuation"
Interview. Acteur de la contestation et enjeu de la campagne présidentielle, Internet est à la fois toléré et contrôlé par le pouvoir, qui l'investit à sa manière, selon Julien Nocetti, chercheur à l'Ifri.
Russie: Le pouvoir se met au 2.0 pour contrer l'opposition
A quatre jours de l’élection présidentielle russe, que Vladimir Poutine aborde en grand favori, le Premier ministre aura été particulièrement secoué par une opposition tenace, bravant le froid lors de manifestations monstres à Moscou. Une contestation qui, dans le sillage du printemps arabe, s’est beaucoup servie d’Internet et des réseaux sociaux pour faire passer son message.
Il n'y a pas une opposition, mais "des oppositions" à Poutine
Dernière ligne droite pour la présidentielle russe. Selon des sondages, Vladimir Poutine devrait remporter au premier tour le scrutin de dimanche prochain, après avoir été forcé de laisser le Kremlin en 2008...
Un "printemps arabe" en Russie?
En Russie, les manifestations de décembre 2011 ont marqué un tournant. Le système Poutine s'est fissuré à la faveur d'élections législatives, prétendument jouées d'avance. La préparation de la presidentielle du k mars 2012 est beaucoup plus compliquée que prévu pour Vladimir Poutine. Cette contestation pourrait bien faire ressentir ses effets dans les régimes autoritaires de l'ex-URSS, pris en étau entre le changement d'atmosphère à Moscou et les révolutions des pays arabes.
"Le doute s'insinue désormais au sein même de l'oligarchie au pouvoir"
Est-ce le début d’un «printemps russe» à l’image des printemps arabe ?
- Les printemps arabes ont certes créé une atmosphère propice et levé des inhibitions, mais cette révolte est, je crois, sociologiquement très différente. Les manifestants de Moscou et de Saint-Pétersbourg ne naissent pas d’une jeunesse frustrée, sans emploi et sans espoir d’en trouver dans des sociétés totalement bloquées.
La rue peut-elle chasser Poutine ?
Les 120.000 manifestants qui se sont exprimés la veille de noël à Moscou, vont-ils réussir à pousser Vladimir Poutine à la démission ? La question est sur toutes les lèvres depuis la manifestation de samedi. L’ancien chef de l’Etat, Mikhaïl Gorbatchev, a d’ores et déjà demandé à Vladimir Poutine de lâcher le pouvoir comme il l’avait lui-même fait le 25 décembre 1991. Mais si les appels à démission semblent se multiplier, le retrait de Vladimir Poutine de la vie politique russe apparaît quand même improbable.
Quand la colère surgit des urnes russes
Incroyable mais vrai : le duo Poutine-Medvedev paraît vaciller. Le parti Russie Unie, qui soutient le régime, a obtenu un peu moins de 50 % des voix aux élections de la Douma et ses dirigeants sont accusés de fraudes massives. Résultat, la contestation a pris une ampleur populaire considérable : selon l'AFP, samedi 10 décembre, entre 50 000 et 80 000 personnes selon des estimations indépendantes (25 000, selon la police) ont défilé dans Moscou et des milliers de manifestants se sont exprimés dans une cinquantaine d'autres villes.
Vladimir Poutine mis sur le gril
Que va-t-il leur dire ? Vladimir Poutine doit participer ce soir à une émission de radio au cours de laquelle il répondra aux questions des auditeurs sur les législatives. Comment le candidat à la présidentielle du 4 mars prochain va-t-il s'exprimer face à un peuple, qui l'a en partie désavoué dans les urnes et le conteste sur le pavé ?
Russie: "Poutine reste populaire dans de larges pans de la société"
L'ampleur de la manifestation de samedi contre les fraudes électorales est une première en Russie. D'où vient l'opposition et quelles sont ses chances? L'analyse de Thomas Gomart, spécialiste de la Russie à l'Ifri.
Russie: révolte éphémère ou vraie révolution ?
Samedi 10 décembre, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Moscou pour protester contre des fraudes aux élections législatives du 4 décembre. Moscou n'avait jamais connu pareille agitation depuis l'arrivée au pouvoir de Poutine en 2000.
Qui sont les figures de la contestation russe ?
Malgré les centaines d'interpellations depuis les résultats des élections législatives de dimanche, les opposants russes ne désarment pas face au pouvoir, confortés par les annonces récentes de fraudes encore plus importantes que prévues. Ils sont plus de de 30 000 à avoir annoncé sur les réseaux sociaux qu'ils participeront à un rassemblement samedi après-midi à Moscou.
«Il n'y a pas une mais des oppositions, et elles sont très hétéroclites», note Tatiana Jean, chercheuse à l'IFRI.
Que se passe-t-il exactement en Russie contre Poutine ?
DECRYPTAGE - La contestation contre Vladimir Poutine est-elle un feu de paille ou une réelle tendance? Quelles réponses peut-il apporter avant son retour au Kremlin comme président? Pour Thomas Gomart, directeur du centre Russie/NEI à l'Ifri, une chose est sûre : "le système se fissure".
Contestation en Russie : le système se "fissure"
Au cri de "la Russie sans Poutine", "Poutine voleur" ou encore "Révolution", entre deux mille et dix mille personnes ont manifesté à Moscou au lendemain d'élections législatives entachées d'accusations de fraude. Mardi 6 décembre, ils étaient plusieurs centaines à participer à une manifestation interdite, rapidement empêchée par la police. Dans la foulée, plus de 560 militants de l'opposition ont été interpellés, à Moscou et 200 à Saint-Pétersbourg selon la police. Cette mobilisation apparaît comme la plus importante depuis les manifestations massives du début des années 1990.
"Le mouvement de contestation a fissuré le système Poutine"
Interview. Vladimir Poutine, réélu en mars, est investi à la présidence ce lundi, pour la troisième fois. Mais la donne a changé depuis son précédent mandat, souligne Thomas Gomart, chercheur à l'Ifri.
Après Poutine I et II, Poutine III. Elu au premier tour le 4 mars lors d'un scrutin contesté mais avec plus de 63 % des suffrages, l'homme fort de Russie réintègre son fauteuil de président ce lundi. Ces quatre dernières années, il l'avait laissé à Dmitri Medvedev faute de pouvoir enchaîner selon la Constitution plus de deux mandats consécutifs. Après deux premiers mandats de quatre ans entre 2000 et 2008, Poutine entame cette fois un mandat de 6 ans.
Que va faire désormais l'opposition en Russie ?
Une partie de l’opposition va continuer à appeler à la mobilisation, à l’instar d’un des meneurs, Sergueï Oudaltsov, qui a déjà fait un mois de prison, une grève de la faim et se montre donc déterminé à radicaliser le mouvement. Mais, au-delà de ces opposants professionnels, il y a du découragement. Après les législatives du 4 décembre, les gens ont eu le sentiment d’avoir été lésés, que leurs voix ont été volées. Dans le cas de la présidentielle, personne ne s’attendait à autre chose qu’une victoire de Vladimir Poutine puisque il n’y a pas de réelle alternative.
Le Web russe, "soupape d'évacuation"
Interview. Acteur de la contestation et enjeu de la campagne présidentielle, Internet est à la fois toléré et contrôlé par le pouvoir, qui l'investit à sa manière, selon Julien Nocetti, chercheur à l'Ifri.
La révolte 2.0. en Russie est-elle irréaliste ?
Le online est passé offline" : voilà comment Véronika Dorman, journaliste à Moscou, décrit le passage des revendications démocratiques de la toile à la rue. Les réseaux sociaux sont, depuis la révolution verte, en Iran, devenus les vecteurs phares des citoyens désireux de s’unir et de s’organiser. Les révolutions arabes ont fait de certains bloggeurs des "stars", à l’image de Lina Ben Mhenni, jeune Tunisienne de 27 ans, sérieusement pressentie pour le prix Nobel de la Paix 2011.
En Russie, le bloggeur Alexey Navalny est considéré comme celui qui a mis le feu aux poudres en traitant publiquement Russie Unie du parti des "voleurs et des escrocs".
Russie: Le pouvoir se met au 2.0 pour contrer l'opposition
A quatre jours de l’élection présidentielle russe, que Vladimir Poutine aborde en grand favori, le Premier ministre aura été particulièrement secoué par une opposition tenace, bravant le froid lors de manifestations monstres à Moscou. Une contestation qui, dans le sillage du printemps arabe, s’est beaucoup servie d’Internet et des réseaux sociaux pour faire passer son message.
Il n'y a pas une opposition, mais "des oppositions" à Poutine
Dernière ligne droite pour la présidentielle russe. Selon des sondages, Vladimir Poutine devrait remporter au premier tour le scrutin de dimanche prochain, après avoir été forcé de laisser le Kremlin en 2008...
Un "printemps arabe" en Russie?
En Russie, les manifestations de décembre 2011 ont marqué un tournant. Le système Poutine s'est fissuré à la faveur d'élections législatives, prétendument jouées d'avance. La préparation de la presidentielle du k mars 2012 est beaucoup plus compliquée que prévu pour Vladimir Poutine. Cette contestation pourrait bien faire ressentir ses effets dans les régimes autoritaires de l'ex-URSS, pris en étau entre le changement d'atmosphère à Moscou et les révolutions des pays arabes.
La rue peut-elle chasser Poutine ?
Les 120.000 manifestants qui se sont exprimés la veille de noël à Moscou, vont-ils réussir à pousser Vladimir Poutine à la démission ? La question est sur toutes les lèvres depuis la manifestation de samedi. L’ancien chef de l’Etat, Mikhaïl Gorbatchev, a d’ores et déjà demandé à Vladimir Poutine de lâcher le pouvoir comme il l’avait lui-même fait le 25 décembre 1991. Mais si les appels à démission semblent se multiplier, le retrait de Vladimir Poutine de la vie politique russe apparaît quand même improbable.
"Le doute s'insinue désormais au sein même de l'oligarchie au pouvoir"
Est-ce le début d’un «printemps russe» à l’image des printemps arabe ?
- Les printemps arabes ont certes créé une atmosphère propice et levé des inhibitions, mais cette révolte est, je crois, sociologiquement très différente. Les manifestants de Moscou et de Saint-Pétersbourg ne naissent pas d’une jeunesse frustrée, sans emploi et sans espoir d’en trouver dans des sociétés totalement bloquées.
Vladimir Poutine mis sur le gril
Que va-t-il leur dire ? Vladimir Poutine doit participer ce soir à une émission de radio au cours de laquelle il répondra aux questions des auditeurs sur les législatives. Comment le candidat à la présidentielle du 4 mars prochain va-t-il s'exprimer face à un peuple, qui l'a en partie désavoué dans les urnes et le conteste sur le pavé ?
Quand la colère surgit des urnes russes
Incroyable mais vrai : le duo Poutine-Medvedev paraît vaciller. Le parti Russie Unie, qui soutient le régime, a obtenu un peu moins de 50 % des voix aux élections de la Douma et ses dirigeants sont accusés de fraudes massives. Résultat, la contestation a pris une ampleur populaire considérable : selon l'AFP, samedi 10 décembre, entre 50 000 et 80 000 personnes selon des estimations indépendantes (25 000, selon la police) ont défilé dans Moscou et des milliers de manifestants se sont exprimés dans une cinquantaine d'autres villes.
Russie: révolte éphémère ou vraie révolution ?
Samedi 10 décembre, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Moscou pour protester contre des fraudes aux élections législatives du 4 décembre. Moscou n'avait jamais connu pareille agitation depuis l'arrivée au pouvoir de Poutine en 2000.
Russie: "Poutine reste populaire dans de larges pans de la société"
L'ampleur de la manifestation de samedi contre les fraudes électorales est une première en Russie. D'où vient l'opposition et quelles sont ses chances? L'analyse de Thomas Gomart, spécialiste de la Russie à l'Ifri.
Qui sont les figures de la contestation russe ?
Malgré les centaines d'interpellations depuis les résultats des élections législatives de dimanche, les opposants russes ne désarment pas face au pouvoir, confortés par les annonces récentes de fraudes encore plus importantes que prévues. Ils sont plus de de 30 000 à avoir annoncé sur les réseaux sociaux qu'ils participeront à un rassemblement samedi après-midi à Moscou.
«Il n'y a pas une mais des oppositions, et elles sont très hétéroclites», note Tatiana Jean, chercheuse à l'IFRI.
Que se passe-t-il exactement en Russie contre Poutine ?
DECRYPTAGE - La contestation contre Vladimir Poutine est-elle un feu de paille ou une réelle tendance? Quelles réponses peut-il apporter avant son retour au Kremlin comme président? Pour Thomas Gomart, directeur du centre Russie/NEI à l'Ifri, une chose est sûre : "le système se fissure".
Contestation en Russie : le système se "fissure"
Au cri de "la Russie sans Poutine", "Poutine voleur" ou encore "Révolution", entre deux mille et dix mille personnes ont manifesté à Moscou au lendemain d'élections législatives entachées d'accusations de fraude. Mardi 6 décembre, ils étaient plusieurs centaines à participer à une manifestation interdite, rapidement empêchée par la police. Dans la foulée, plus de 560 militants de l'opposition ont été interpellés, à Moscou et 200 à Saint-Pétersbourg selon la police. Cette mobilisation apparaît comme la plus importante depuis les manifestations massives du début des années 1990.
L'Ifri, fondation reconnue d'utilité publique, s'appuie en grande partie sur des donateurs privés – entreprises et particuliers – pour garantir sa pérennité et son indépendance intellectuelle. Par leur financement, les donateurs contribuent à maintenir la position de l’Institut parmi les principaux think tanks mondiaux. En bénéficiant d’un réseau et d’un savoir-faire reconnus à l’international, les donateurs affinent leur compréhension du risque géopolitique et ses conséquences sur la politique et l’économie mondiales. En 2026, l’Ifri accompagne plus de 90 entreprises et organisations françaises et étrangères.