La culture stratégique de la politique étrangère allemande
Affichant sa volonté d’assumer ses responsabilités dans les interventions internationales, mais s’abstenant lors du vote de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Libye, l’Allemagne semble avoir adopté une attitude imprévisible. La politique étrangère allemande a longtemps été marquée par une culture stratégique forte reposant sur l’attachement aux valeurs, sur le multilatéralisme et la mise en place de partenariats, ainsi que sur l’antimilitarisme et la préférence pour les actions civiles. Mais l’Allemagne se trouve aujourd’hui dans une situation complexe causée par le décalage entre ces principes et son statut de puissance qu’elle peine à assumer.
La politique internationale de l'Allemagne : Une puissance malgré elle
La République fédérale a été à la fois témoin et acteur de bouleversements profonds, tels que l’approfondissement et l’élargissement de l’UE, la transformation de l’OTAN, le rééquilibrage des rapports avec Washington, Pékin et Moscou, les guerres dans les Balkans, en Afrique, en Irak et en Afghanistan, sans oublier l’impact des attentats du 11 septembre sur la sécurité européenne.
L'Allemagne et les "clubs G"
Afin de pouvoir défendre ses intérêts - avant tout en matière de politique économique - sur la scène mondiale et coordonner les approches politiques au niveau international, l'Allemagne investit principalement le G20, mais aussi d'autres forums « G » : le G7/G8 en premier lieu, ainsi que des cercles plus informels.
L'Allemagne, la Libye, et l'Europe
Réunis en sommet les 24 et 25 mars 2011, les pays membres de l'Union européenne (UE) ont adopté tout un éventail de mesures visant à préserver la stabilité financière de la zone euro, à accompagner l'assainissement budgétaire et les réformes structurelles des États membres et à doter l'Union économique et monétaire (UEM) d'une gouvernance véritable. Des résultats d'autant plus spectaculaires que, dix mois plus tôt, la crise grecque manquait faire exploser la zone euro, séparant les États notés " AAA " de ceux qui ne l'étaient pas. Le couple franco-allemand, peu en phase sur cette problématique, n'aurait peut-être pas survécu à un divorce monétaire. Or non seulement pareil spectre a pu être évité, mais les décisions prises fin mars 2011 témoignent d'une réelle convergence franco-allemande.
Les Balkans vus de Berlin aujourd'hui
La chute du mur et la réunification ont fait de l’Allemagne le partenaire privilégié des Etats de l’Europe du Sud-Est, à même de les soutenir dans leur intégration européenne.
Radioscopies de l'Allemagne 2010
Avec le retour d’une coalition " noire-jaune " entre chrétiens-démocrates et libéraux, constellation idéale pour les partisans d’Angela Merkel, et la perspective, à moyen terme, d’une sortie de crise économique, 2010 s’annonce de meilleur augure pour les responsables politiques allemands. La situation reste cependant fragile d’un point de vue à la fois politique et économique.
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