D'amis à partenaires : l'évolution de la relation entre la Chine et la Tanzanie
Notes de l'Ifri, septembre 2021
Depuis la période post-coloniale, la Tanzanie et la Chine entretiennent des relations diplomatiques étroites. Cette note fournit une analyse fine de l'évolution de cette relation depuis les années 1960. Elle étudie les échanges économiques ainsi que la coopération des deux pays dans les secteurs de l'agriculture, de la santé, de l'éducation et de la sécurité.
Il y a une perception partagée, au moins dans le récit officiel, que la relation entre la Tanzanie et la Chine incarne « l’amitié par tous les temps », un terme généralement utilisé pour caractériser les relations entre la Chine et les pays africains.
Pendant la majeure partie des années 1960 et 1970, les relations sino-tanzaniennes ont formé un statut spécial, illustré par le soutien apparemment inconditionnel de la Chine à la Tanzanie alors qu’elle était un pays pauvre, l’engagement des deux pays contre l’impérialisme et leur promotion du socialisme dans le Tiers Monde. Cependant, depuis les réformes économiques et l’ouverture de la Chine et de la Tanzanie à partir de la fin des années 1970 et du milieu des années 1980 respectivement, la pertinence de ces liens politiques a été réduite par les intérêts économiques prépondérants des deux pays. Par conséquent, on peut se demander si les deux pays conservent encore le lien spécial qu’ils avaient dans le passé.
En réponse à cette question, nous constatons que la reconfiguration du contexte international a non seulement réorienté les politiques économiques des deux pays, mais aussi conduit à l’émergence de nouveaux acteurs en concurrence avec la Chine dans les domaines économiques et stratégiques en Tanzanie.
Ce contenu est disponible en anglais uniquement : From Friends to Partners? The Changing Nature of Sino-Tanzanian Relations
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesUne élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
Quelle place pour l’Afrique subsaharienne dans le monde ?
En s’appuyant sur une approche extrinsèque, alliant histoire globale, géopolitique et relations internationales, ce papier tente de périodiser les modalités des relations de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Après un retour rapide sur les périodes précoloniales, coloniales et de Guerre froide, sont explorées plus spécifiquement les périodes 1990-2015 et 2015-2025.
Un « faux départ » : l’avenir des chefferies coutumières en Afrique
Au-delà du seul cas du Burkina Faso, la cérémonie hebdomadaire du « faux départ » du Moro Naba, « l’empereur des Mossi » symbolise dans l'Afrique d’aujourd'hui la position paradoxale de dirigeants traditionnels jouissant d'une influence qui se situe en marge de la sphère politique moderne tout en conservant à la différence de celle-ci, une forte dimension religieuse.
La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne
La guerre russo-ukrainienne, déclenchée le 24 février 2022, s’est rapidement internationalisée. La Russie et l’Ukraine se sont très vite efforcées de mobiliser leurs alliés afin d’obtenir un soutien politique et diplomatique, ainsi que des ressources militaires et économiques. Mais les deux belligérants ont aussi cherché à recruter des étrangers à titre privé pour soutenir leurs efforts de guerre respectifs. Cette politique est globale et s’étend de l’Amérique latine à l’Extrême-Orient. L’Afrique subsaharienne, dans ce panorama, présente un intérêt particulier car elle constitue un vivier de recrutement vaste et facilement accessible, en raison de taux de pauvreté élevés dans la plupart des pays de la zone conjugués à un important désir d’émigration.