Diesel : pourquoi l'accord entre Trump et Poutine sur les livraisons russes ne fera pas baisser les prix à la pompe
Les Etats-Unis ont annoncé avoir conclu un « deal » avec Moscou pour relancer les exportations de diesel russe. Cette initiative aura un effet limité sur les prix à la pompe, en raison de volumes insuffisants et des tensions persistantes sur le marché mondial. Le temps presse pour Donald Trump. A moins d'un mois des midterms, les élections parlementaires de mi-mandat dont les Démocrates pourraient sortir grands vainqueurs, selon les instituts de sondage, le président américain semble prêt à tout pour regagner la confiance de sa base républicaine.
Pour cela, il promet, une fois de plus, une baisse rapide des prix à la pompe après la flambée des prix engendrée par son offensive militaire contre l'Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz.
Après un accord pétrolier « historique » avec le Venezuela fin août, après la menace d'une interdiction des exportations de diesel américain vers l'Europe, Donald Trump a de nouveau créé la surprise vendredi en annonçant cette fois un deal pétrolier avec son homologue russe Vladimir Poutine.
Mesure « symbolique »
La reprise des exportations de diesel, confirmée par Moscou sur le principe mais pas dans le détail, prévoit la vente de 4,8 millions de tonnes de carburant russe sur le marché américain et mondial, affirme le président américain. Ainsi que la suspension, jusqu'au 1er avril 2027, des sanctions qui interdisent son exportation vers les Etats-Unis depuis le début de la guerre en Ukraine, en 2022.
Dans la foulée, les marges de raffinage du diesel américain (la différence entre le prix du diesel et celui du pétrole brut) ont reculé de 6,6 % vendredi, à 99,8 dollars le baril, souligne S&P. Mais il en faudra plus pour réduire le prix au « gallon » aux Etats-Unis, qui souffrent de la crise énergétique mondiale alors même qu'ils sont le premier producteur, et exportateur, de diesel.
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Baisse de la consommation russe l'hiver
En réaction à ces destructions, Moscou avait interdit les exportations de diesel à partir du mois de juillet, pour protéger son marché domestique.
« Les Russes consomment beaucoup de diesel l'été pour l'agriculture et pour partir en vacances. Ils en ont moins besoin l'hiver car ils se chauffent surtout au gaz et au bois », indique Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre énergie et climat de l'Ifri. « En hiver, la consommation de diesel en Russie peut être inférieure de 25 % à celle de septembre, explique Sergey Vakulenko. Cela signifie jusqu'à un million de tonnes de diesel disponibles chaque mois pour l'exportation. »
L'influence de Donald Trump sur la politique commerciale de Vladimir Poutine semble donc limitée. D'autant que les exportations russes n'avaient pas totalement cessé cet été, compte tenu des faibles capacités de stockage sur le territoire national, souligne l'expert de la Fondation Carnegie. « D'après les données sur le chargement des tankers quittant les ports russes […], 1,6 à 1,8 million de tonnes ont été expédiées par mer ces derniers mois », relève-t-il.
Dès lors, « le relâchement des stocks de pétrole annoncé par la France et l'Allemagne récemment peut avoir plus d'impact en volume », estime Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Les 10 millions de barils français représentent par exemple quatre fois les 300.000 tonnes russes annoncées dans l'immédiat.
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