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Élections régionales en Allemagne : « L’AfD n’a pas mené sa dédiabolisation, et ne le fera pas de sitôt »

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interview par Pierre Sautreuil dans

  La Croix 

 
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Au contraire du Rassemblement national, le parti d’extrême droite allemand AfD - favori de l’élection régionale en Saxe-Anhalt dimanche 6 septembre 2026 - n’a pas purgé ses rangs des personnalités d’ultra-droite. Son programme, de même, reste marqué par une nette radicalité, souligne Paul Maurice, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes à l’Ifri.

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L’AfD est-il un parti avec une grande cohérence idéologique ?

Le parti est né en 2013, sur la base du rejet des plans de sauvetage de la zone euro. Depuis, il a évolué vers le rejet de l’immigration. Deux facteurs sont à l’origine de cette évolution. D’une part, il y a la crise migratoire de 2015. D’autre part, il y a eu de l’entrisme dans ses rangs de dirigeants de groupuscules néonazis et radicaux et d’anciens hooligans, qui y ont vu un moyen de se positionner et de faire avancer leurs idées, notamment dans l’est de l’Allemagne.

Aujourd'hui, le parti comporte deux tendances, que l'on peut associer grossièrement à un clivage Est-Ouest. La tendance de l'Ouest, que l'on peut identifier à la personne de sa coprésidente Alice Weidel - femme lesbienne, mariée à une femme d'origine sri lankaise - est libérale et identitaire. À l'Est, il s'agit plutôt d'une tendance national-populiste.

Le parti a-t-il connu, comme le Rassemblement national en France, une phase de « dédiabolisation » ?

Absolument pas. Et il n'y en aura probablement pas prochainement, car il continue de croître de façon spectaculaire, en atteignant 40 % dans l'est de l'Allemagne, 30 % au niveau fédéral. On voit qu'il continue à faire des appels du pied aux groupes d'extrême-droite en faisant des références à l'univers du nazisme. Lors de ses meetings, Ulrich Siegmund, le très lisse candidat de l'AfD en Saxe-Anhalt, fait scander son nom en deux temps, « Sig-mund », comme une référence à « Sieg Heil » (« Salut à la victoire », exclamation nazie, NDLR). Avant cela, l'élu de Thuringe et figure du parti Björn Höcke a utilisé des slogans des SA - ce pour quoi il a été condamné. Il prétend qu'il ignorait l'origine de ces slogans... Alors qu'il est professeur d'histoire.

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  • Cet article est paru dans La Croix (réservé aux abonnés).
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La Croix

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Pierre Sautreuil

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Paul MAURICE

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