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"La France est la seule équipe en Europe qui peut produire un avion de chasse" : un nouveau Rafale ? Un Scaf français ? Quel sera l'avion qui arrivera en 2040 ?

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cité par Matthieu Heyman pour

  BFM Business 

 
Accroche

Malgré l'échec des discussions avec l'Allemagne sur l'avion de combat du futur, la ministre des Armées Catherine Vautrin maintient ce mercredi l'objectif d'un successeur du Rafale "à horizon 2040".

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Des missiles et des hommes
Maquette du futur système aérien de combat NGF (FCAS) de Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas exposé au salon aéronautique de Paris. France - 18 juin 2025
VanderWolf Images/Shutterstock
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Est-ce une déconfiture qui mettra nos finances publiques encore davantage aux abois ? L'Allemagne a acté ce lundi 8 juin l'échec sur la partie principale du Scaf (Système de Combat Aérien du Futur), c'est-à-dire le NGF (New Generation Fighter). En des termes moins barbares, 10 années de discussion n'ont pas permis à Airbus et Dassault d'un côté et Paris et Berlin de l'autre à se mettre d'accord sur ce à quoi devait ressembler le nouvel avion de combat qui doit succéder à terme au Rafale.

Alors, sans l'Allemagne, la France sera-t-elle capable d'assumer seule le coût d'un projet à plusieurs dizaines de milliards de dollars ? Le Scaf était estimé à plus de 100 milliards d'euros, mais cela incluait l'ensemble du projet, avec des drones entourant l'avion ou encore le cloud de combat qui devait relier tous ces aéronefs.

"Un avion de chasse à horizon 2040"

"Industriellement, la France a l'expérience du Mirage et du Rafale, ça montre nos compétences, mais il y a un saut technologique. C'est un projet gigantesque et compte tenu de la loi de programmation militaire actuelle, ce sera compliqué à financer", prévient Julien Malizard, docteur en sciences économiques et titulaire de la Chaire Economie de défense de l’Institut des hautes études de défense nationale. Il rappelle auprès de BFM Business que collaborer avec l'Allemagne permettait "de partager les frais de recherche et de développement". "Là, il n'y a pas de solution évidente à brève échéance pour la France", observe-t-il.

Mais pas de quoi alerter la ministre des Armées Catherine Vautrin. Devant les sénateurs ce mercredi 10 juin, elle souligne que la France avec "Dassault, Safran, Thalès et tout l'écosystème" "est la seule équipe en Europe au moment où nous nous parlons en capacité de produire un avion de chasse de manière totalement autonome".

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Un système, mais deux avions

Si l'Allemagne a claqué la porte, la France pourra-t-elle trouver un autre partenaire avec qui travailler et donc partager les frais ? L'Inde, qui discute avec Paris d'un méga-achat de Rafale, "n'est pas une solution pérenne pour la France" ni les pays du Golfe, d'après Paul Maurice, secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes à l'Ifri.

Il reconnaît "les capacités de Dassault" mais souligne les différences qui peuvent exister entre "la logique d'innovation" de la France et celle de l'industriel, tourné vers l'export avec une attention sur son futur prix pour des clients.

Alors, reste l'hypothèse d'un Scaf à deux avions : l'Allemagne et la France auraient chacun leur aéronef qui serait intégré au même système. Car, Berlin a peut-être claqué la porte, mais cela ne signifie pas pour autant que l'industrie allemande est capable de produire seule un nouvel avion de combat. Huit entreprises, dont Airbus et le missilier européen MBDA, pourraient travailler ensemble autour d'une "Team Gen 6". Mais Paul Maurice "doute" de leur capacité à produire "à moyen terme un avion de sixième génération". Même son de cloche pour Julien Malizard qui, malgré les investissements allemands XXL dans sa défense, évoque "une optique de rattrapage des non-investissements du passé" plutôt que de réels engagements sur l'innovation.

Même le gouvernement allemand reste prudent face à ce consortium nouveau-né. Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, estime qu'il ne s'agit que d'une "possibilité" pour Berlin et que la commande de nouveaux F-35 américains ou rejoindre un autre projet international restent d'autres options.

  • Dans le cas d'une livraison américaine, le coût et les délais pourraient être douloureux. La Suisse et le Danemark en ont déjà fait les frais avec une facture largement supérieure aux estimations initiales. Rejoindre une collaboration existante, comme celle entre l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, paraît peu probable aux yeux de Paul Maurice, notant que "personne ne les y attend".

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Avoir deux avions n'empêche pas de continuer à travailler ensemble

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Paul MAURICE
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Reste que pour les deux pays, l'avenir de son aviation de combat revêt à terme du "saut dans l'inconnu", selon Paul Maurice. D'autant qu'Emmanuel Macron a, publiquement pour le moins, martelé sa volonté de voir le Scaf voler selon la version imaginée en 2017 avec Angela Merkel. Encore fin avril, le chef de l'État assurait que le projet initial n'était "pas du tout" enterré. Maintenant, il l'est.

 

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Matthieu Heyman

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