Six mois après le début de la guerre en Iran, Donald Trump cherche toujours une porte de sortie, à l'approche des élections américaines de mi-mandat
Le président américain se tourne vers une guerre plus économique que militaire contre le régime iranien, à deux mois d'élections décisives pour la suite et la fin de son second mandat à la Maison Blanche.
"Ce régime l'apprendra bientôt : personne ne doit défier la force et la puissance des forces armées des Etats-Unis." Ces mots de Donald Trump, prononcés dans la nuit du 27 au 28 février sur sa plateforme Truth Social, ont une résonance particulière, six mois plus tard. En huit minutes de discours, le président américain avait posé les prémices d'une action militaire "massive" contre l'Iran, l'opération "Fureur épique" au coté d'Israël – ou "Lion rugissant" pour l'Etat hébreu. Ce matin-là, de premières frappes ont décapité le régime iranien à Téhéran, tuant celui qui l'incarnait le mieux : le guide suprême Ali Khamenei.
Six mois plus tard, Donald Trump répète que "l'Iran s'effondre complètement", quand Téhéran évoque en contraste un "aveu de défaite" des Etats-Unis. Qui a raison ? Le temps des frappes massives des débuts semble révolu, mais l'équilibre reste très fragile : le protocole d'accord de cessez-le-feu, signé mi-juin, a volé en éclats, les négociations semblent au point mort et les perturbations dans le détroit d'Ormuz, point névralgique du commerce mondial, s'éternisent.
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Donald Trump compose avec l'une des guerres les plus impopulaires de l'histoire récente de son pays, et dont l'issue est bien incertaine.
"L'heure est loin d'être à l'apaisement"
Pourtant, début avril, le dirigeant républicain assurait avec confiance que les "objectifs stratégiques fondamentaux" du conflit étaient "proches d'être remplis". Des ambitions parfois floues ou mouvantes, entre destruction de l'arsenal balistique iranien, dossier du nucléaire et appel à un changement de régime. "Il s'agit, pour les Etats-Unis, de mettre fin à la menace iranienne", résume Clément Therme, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri) et à l'Institut international d'études iraniennes.
Certes, l'opération israélo-américaine a décimé une partie de l'appareil politique et militaire iranien, et ce dès les premières heures de l'offensive. "Le régime iranien a été décapité et il y a toujours des failles de sécurité [au sein du régime], qui n'ont pas encore été colmatées", observe Clément Therme.
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Le détroit d'Ormuz, une épine dans le pied
Mais après six mois de conflit, la question du nucléaire a été reléguée au second plan face à l'urgence du moment : la circulation dans le détroit d'Ormuz, extrêmement perturbée depuis début mars.
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Mardi, cinq navires de matières premières ont officiellement traversé le détroit, d'après Reuters. Un total bien éloigné des passages quotidiens recensés en début d'année. La veille des premières frappes, 148 navires transitaient par cette voie maritime, d'après le centre américain pour les études stratégiques et internationales (CSIS).
Comment sortir de l'impasse ? Les pourparlers se poursuivent entre l'Iran et un autre pays riverain du détroit, Oman. Téhéran et Mascate ont évoqué, mardi, un accord-cadre pour un "couloir temporaire" de navigation et des actions de déminage. Le régime iranien, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, reste néanmoins catégorique face à Washington.
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Un coup de pompe électoral ?
Certains voient dans cette guerre les marques d'un enlisement américain face au pouvoir de nuisance iranien. "Ce n'est pas un enlisement", conteste Clément Therme. "Il s'agit plutôt, pour les Etats-Unis, de ne pas avoir anticipé les effets [du conflit] sur l'économie mondiale." Au cours de ces six mois de guerre, le cours du pétrole a connu des pics jusqu'à près de 120 dollars le baril. Ces derniers jours, il oscille entre 80 et 90 dollars, un niveau plus élevé que fin février.
Outre-Atlantique, le prix du gallon d'essence (près de 3,8 litres) a sans surprise grimpé, d'environ 3 dollars en février à 4,5 dollars en mai. Il atteint aujourd'hui 4 dollars, d'après l'Association américaine des automobilistes (AAA). Un niveau scruté à deux mois des midterms, les élections de mi-mandat, tant l'économie compte pour les électeurs américains.
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La confrontation coûte aussi cher à Téhéran. "Oui, la République islamique a la capacité d'avoir un effet de perturbation sur l'économie mondiale. Mais la hausse des prix de l'essence ne menace pas la prospérité américaine, alors que la situation actuelle menace l'économie iranienne, en chute libre", relève Clément Therme. "Sur le plan économique, la République islamique a perdu." Le blocus des ports iraniens, rétabli mi-juillet, est en cela "la carte principale jouée par l'administration Trump".
Des stratégies qui lassent
Washington accentue sa guerre économique, annonçant contre Téhéran un "D-Day économique" et un nouveau train de sanctions, cette fois secondaires. Les pays qui ne soutiendront pas ces mesures "partageront l'isolement de l'Iran", a menacé lundi le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.
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