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"Tout dépend de la durée du conflit" : la France risque-t-elle une pénurie de carburant à cause de la guerre au Moyen-Orient ?

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cité par Mathilde Texier sur

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Si des ruptures temporaires de stocks peuvent affecter certaines stations-service françaises, aucune pénurie n'est pour l'heure constatée en Europe. Mais les difficultés pourraient commencer à poindre en cas de blocage durable du détroit d'Ormuz, où transite 20% du pétrole mondial.

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Station essence Total - France
Station essence Total - France
Jose HERNANDEZ Camera 51/Shutterstock.com
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Se dirige-t-on vers une pénurie de carburant ? Non, selon la ministre déléguée à l'Energie. Maud Bregeon a assuré, mercredi sur TF1, qu'il n'y avait pour l'heure "aucun risque de rupture d'approvisionnement" en carburant dans les stations-service françaises, malgré les difficultés auxquelles certaines font face. La ministre a notamment fait valoir que la France dispose de "stocks stratégiques" de pétrole pour faire face à la crise. Franceinfo démêle le vrai du faux.

Premier constat à la pompe : certaines stations-service françaises sont bel et bien à sec. Environ 16% d'entre elles étaient ainsi en rupture totale ou partielle de carburant, jeudi 2 avril dans la matinée, selon les calculs de franceinfo. Un manque d'approvisionnement temporaire ne signifie toutefois pas qu'il s'agit d'une crise durable. 

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" Il n'y a pas eu de pénurie physique constatée en Europe à ce jour "

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Olivier Appert, conseiller au Centre énergie et climat de l'Ifri
Olivier APPERT
Intitulé du poste

Conseiller, Centre énergie et climat de l'Ifri

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Dans le détail, plus de 60% des stations-service concernées par la rupture d'un ou plusieurs carburants en France sont des stations TotalEnergies. Un phénomène qui s'explique par le plafonnement des prix appliqués par le groupe pétrolier depuis le 12 mars. [...]

La France est peu dépendante du pétrole brut du Moyen-Orient

Contrairement à l'Asie, continent le plus touché par la crise du pétrole, l'Europe ne connaît donc pas de pénurie pour le moment, car elle est moins dépendante du Moyen-Orient. Seuls "5% du pétrole brut qui transitait par le détroit d'Ormuz avant le début de la guerre étaient destinés à l'Europe", détaille Olivier Appert. En réponse aux critiques de Marine Le Pen sur X, Maud Bregeon a également affirmé jeudi que les approvisionnements en carburant de la France "se font avant tout via l'Atlantique (Etats-Unis, Afrique, Brésil...), pas par le détroit d'Ormuz". [...]

"En ce qui concerne le pétrole brut, nous sommes très peu touchés", confirme Anna Creti, professeure d'économie à l'université Paris Dauphine-PSL. "Mais nous sommes plus exposés sur les produits raffinés", nuance l'économiste. Environ 33% du gazole routier importé en France provient effectivement des pays du Golfe, selon un rapport(Nouvelle fenêtre) du service des données et études statistiques (Sdes).

La crise est également moins intense en Europe qu'en Asie car "des cargaisons expédiées avant le début des hostilités arrivent encore en Europe, en Amérique et en Afrique (...) Leurs pénuries actuelles sont moins aiguës, mais elles se feront bientôt sentir", précise un rapport publié le 12 mars par l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Une note de la banque privée JPMorgan prévoit, pour l'Europe, la fin des livraisons de pétrole en provenance du détroit d'Ormuz le 10 avril.

Un risque en cas de conflit de longue durée

Que se passera-t-il à partir de ce moment-là ? "Tout dépend de la durée du conflit, si le détroit d’Ormuz se libère rapidement ou non", résume l'expert Thierry Bros. Au vu de l'imprévisibilité du président américain, le futur est difficile à prédire.[...]

Maud Bregeon a toutefois tenu à rappeler mercredi que la France dispose toujours de ses stocks stratégiques de pétrole pour faire face à la crise. Les pays membres de l'AIE, dont la France fait partie, ont annoncé le 11 mars la mise sur le marché de 400 millions de barils issus de leurs réserves d'urgence.[...]

"Ces stocks permettent de compenser, si nécessaire, les risques de rupture d'approvisionnement physique", corrobore Olivier Appert. "Si le conflit iranien est réglé dans les semaines qui viennent, à ce moment-là, il n'y a pas de problème. Au-delà de quelques mois, il sera nécessaire de libérer d'autres stocks", redoute cependant l'expert de l'Ifri. La libération des stocks stratégiques donne donc un sursis de quelques mois aux pays membres de l'AIE. Mais il s'agit d'une mesure qualifiée de "provisoire" par l'agence elle-même.


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