« Un jeu paradoxal » : pourquoi la Russie se fait discrète sur la crise qui secoue l'Iran
Malgré les menaces répétées de Trump de frapper le régime iranien, le Kremlin n'a pas encore réagi. Une déclaration n'est pas exclue dans les jours qui viennent, mais cette discrétion rappelle en tout cas le silence complet de Poutine sur la capture de Nicolas Maduro.
« L'aide est en route ». Tandis que la répression sanglante continue de faire rage en Iran, le président américain Donald Trump a appelé mardi 13 janvier les manifestants mobilisés à continuer de protester, promettant de les soutenir. Il a aussi affirmé que Washington agirait « de manière très forte » si des contestataires arrêtés étaient exécutés. Des menaces répétées, mais sans déclencher pour l'heure de réaction vive du côté de Moscou, pourtant soutien du régime de Téhéran.
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Quelques déclarations de la diplomatie russe… mais un Poutine mutique
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Un silence particulièrement remarqué, d'autant que le dirigeant russe n'avait pas protesté non plus lorsqu'un pétrolier battant pavillon russe a été saisi par les autorités américaines dans l'Atlantique nord la semaine passée, sur fond de soupçon de contournement des sanctions américaines. Le ministère des Affaires étrangères s'est contenté d'accuser Washington d'attiser des « tensions militaires et politiques » et de préciser que l'équipage serait bien libéré, sans donner plus de suites à cet incident.
Autant de précautions qui laissent dire aux spécialistes que la Russie cherche bien à ménager l'administration américaine, avec un objectif en tête : garder la latitude qu'elle souhaite pour poursuivre son invasion en Ukraine. « L'enlisement dans ce conflit, depuis quatre ans, limite sa marge de manœuvre diplomatique en réduisant ainsi son influence sur tous les théâtres », constate Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du Centre Russie/Eurasie au sein de l'Ifri.
La guerre en Ukraine, "priorité absolue" du Kremlin
En particulier, « défendre d'une manière ou d'une autre ses alliés, qui sont les ennemis de Donald Trump, revient à perdre les faveurs de ce dernier dont Vladimir Poutine a besoin pour consolider ses objectifs en Ukraine », décrypte l'experte, qui constate que le Kremlin se retrouve dans « un jeu paradoxal, en balançant sur une ligne de crête ». S'interdire de critiquer les actions de la Maison Blanche, en pleins pourparlers sur la fin de la guerre, « fait partie de cette stratégie qui réduit les acquis diplomatiques russes précédents, vis-à-vis du Sud global ».
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> Lire l'article en entier sur le site de TF1 Info.
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