« Un partenaire plus responsable et plus prévisible » : comment la Chine tire-t-elle profit du chaos mis en place par Donald Trump ?
En malmenant ses alliés et l’ordre multilatéral, Donald Trump fait le jeu de la Chine. Pékin étend son influence diplomatique et économique en jouant la carte de la stabilité, et en se présentant en championne d’un monde multipolaire, sans renoncer à ses ambitions territoriales en Asie ni à son offensive industrielle en Europe.
"L'image des États-Unis est fortement dégradée et ça bénéficie d'une certaine manière à la Chine. Les opinions publiques internationales n'ont pas nécessairement plus confiance en Pékin mais le rapport s'équilibre davantage", observe Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l'Ifri, contacté par BFM. "La Chine paraît être un partenaire plus responsable, et plus prévisible".
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"La tentation de certains dirigeants est de se dire, nous avons des problèmes avec Donald Trump donc il ne faut plus avoir de problème avec la Chine", constate Marc Julienne, prenant pour exemple le cas du Premier ministre canadien Mark Carney qui a signé en janvier des accords avec Pékin, en pleine guerre commerciale avec son voisin américain. La Chine saisit l'opportunité des droits de douane de Donald Trump pour développer des relations commerciales plus étroites avec les pays occidentaux.
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Si la guerre au Moyen-Orient permet à Pékin de passer pour un partenaire stable et incontournable, elle lui donne du fil à retordre. "La Chine est le principal client du pétrole iranien donc la fermeture du détroit d'Ormuz n'est pas bon pour elle. Même si elle a des réserves stratégiques importantes, ça crée une incertitude", assure le spécialiste de la Chine, Marc Julienne, qui tient à nuancer l'avantage pour Pékin de l'imprévisibilité de Donald Trump. "La Chine n'est pas capable d'anticiper ses frasques et ça la met aussi dans une situation inconfortable".
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"Depuis 2022, la Chine n'a joué aucun rôle en Ukraine. Elle aide l'économie russe mais, surtout, parce que ça aide sa propre économie. Au Moyen-Orient, l'Iran est un partenaire stratégique de la Chine, mais la Chine est aussi partenaire de l'Arabie saoudite, du Qatar, de l'Irak, du Koweït... Prendre parti pour l'un risquerait de créer des inimitiés avec d'autres, donc elle reste en dehors et ne joue pas les médiateurs", argumente le chercheur à l'Ifri, Marc Julienne.
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Pékin n'aurait de toute façon pas les moyens d'endosser un tel costume: contrairement aux États-Unis, le pays n'a pas "de forces armées déployées sur l'ensemble de la planète", et n'a pas "des capacités d'intervention et de projection rapides aux quatre coins du monde", abonde Marc Julienne.
Démonstration de force en Asie, offensive industrielle en Europe
Soucieuse de se démarquer de Donald Trump, la Chine cultive l’image d’une puissance pacifique. Mais cette posture contraste avec la réalité. "Si vous demandez à ses voisins, à Taïwan, au Japon, aux Philippines, au Vietnam, à l'Inde, si la Chine est un acteur de stabilisation et un acteur pacifique, ils ont une idée assez tranchée sur la question", assure le spécialiste de l'Ifri, Marc Julienne. "Il y a des contestations territoriales, un expansionnisme chinois, de la coercition et de la pression en mer et sur terre".
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"Ce n'est pas la faute de Trump, mais la Chine, à mesure qu'elle monte en puissance, sur le plan économique, sur le plan diplomatique, sur le plan militaire, elle renforce sa coercition", analyse Marc Julienne.
"Les problèmes que posait la Chine sont toujours d'actualité, et pour les Européens, ils sont plus aigus que jamais", abonde-t-il. Ce n'est pas tant sa progression diplomatique et militaire qui inquiète frontalement les Européens, mais sa progression industrielle.
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« Ce n'est pas la faute de Trump, mais la Chine, à mesure qu'elle monte en puissance, sur le plan économique, sur le plan diplomatique, sur le plan militaire, elle renforce sa coercition ».
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