Victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt : pourquoi la conquête d’un Land est-elle stratégique ?
Le parti de Marine Le Pen a rompu en 2024 avec la formation allemande d’extrême droite, dont les positions radicales et l’ambiguïté avec le nazisme menacent sa stratégie de dédiabolisation. Au Rassemblement national, les réactions discrètes tranchent avec le triomphalisme bruyant du camp zemmouriste.
Un séisme qui semble presque passé sous les radars du Rassemblement national. La victoire dimanche 6 septembre d’Ulrich Siegmund, tête de liste du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), aux élections régionales de Saxe-Anhalt (avec près de 44 % des suffrages) est le plus grand succès de l’extrême droite dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale. De ce côté du Rhin, alors que le centre et la gauche s’émeuvent d’un « signal d’alarme » (Gabriel Attal) ou d’un « désastre » (Jean-Luc Mélenchon), personne dans le camp lepéniste ne s’est pressé de commenter ce résultat sur les réseaux sociaux. Le député Jean-Philippe Tanguy, interrogé sur LCI dimanche soir, a seulement annoncé « prendre acte d’un vote populaire », en précisant que cela ne signifie « pas forcément se satisfaire du parti politique qui a gagné ».
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Texte citation
« Entre le RN et l'AfD, c'est un peu "Je t'aime, moi non plus", explique au « Nouvel Obs » Jeanette Süss, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l'Ifri. L'AfD souhaiterait évidemment bénéficier de la cote de popularité du RN, des têtes d'affiche comme Jordan Bardella ou Marine Le Pen indépendamment de la question des groupes politiques au Parlement européen. »
Chercheuse, Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l'Ifri
- En Allemagne, le parti applique une « double stratégie », poursuit la politologue : maintenir - voire renforcer - d'une part une ligne « ethnoraciale » radicale, notamment dans les régions de l'ex-RDA, tout en essayant de se normaliser avec des têtes d'affiches plus modérées, parfois issues de partis traditionnels. C'est le cas d'Ulrich Siegmund, passé par le parti démocratechrétien (CDU).
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Cet article est paru dans Le Nouvel Obs (réservé aux abonnés).
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