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Politique étrangère, vol. 81, n° 3, automne 2016
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L’Europe est aujourd’hui menacée par trois « ismes » : le djihadisme, le poutinisme et le populisme. Face à l’ampleur de la crise, les dirigeants des pays membres de l’Union européenne font pâle figure et ont beau jeu de blâmer Bruxelles. Après le choc du Brexit, le projet européen doit trouver un nouveau souffle. Le saut fédéral est, pour l’heure, une douce illusion. La priorité est de consolider l’existant, avant de pouvoir imaginer une nouvelle forme de concert des Nations européennes.

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« L’idée européenne n’est pas un sentiment premier, comme celui de l’appartenance à un peuple, elle n’est pas originelle et instinctive, mais elle naît de la réflexion, elle n’est pas le produit d’une passion spontanée, mais le fruit lentement mûri d’une pensée élevée. »


J’ai délibérément choisi les propos de Stefan Zweig, auteur de ce chef-d’œuvre d’une actualité toujours plus grande que constitue Le Monde d’hier, comme point de départ de ma réflexion. Un passage en particulier mérite d’être médité, lorsque l’auteur insiste sur le fait que l’Europe n’est pas le produit « d’une passion spontanée ». J’ai été et je suis passionnément européen, pour des raisons qui tiennent à ma biographie personnelle autant qu’à ma réflexion rationnelle. Mais je suis bien conscient, et l’Euro de football 2016 en a été la démonstration éclatante, que le nationalisme des peuples est plus incontournable que jamais à l’heure de la mondialisation inquiète, sinon angoissée et malheureuse, dans laquelle nous nous trouvons désormais.


N’y a-t-il pas face à ce processus de mondialisation comme une évolution contrastée de l’État et de la Nation ? Autrement dit, il y a toujours plus de Nation, au sens où, face au progrès de l’interdépendance et de la transparence, il existe une quête identitaire qui s’exprime à travers la Nation. L’alternative religieuse n’est guère rassurante. Mais s’il y a plus de Nation au sens émotionnel, n’y a-t-il pas également un peu moins d’État en termes de souveraineté et d’efficacité ? Une double évolution qui, de facto, nuit à l’Europe et à son projet unificateur. D’un côté, Bruxelles s’enfonce dans un anonymat toujours plus gris en comparaison avec l’exaltation des identités nationales, de l’autre c’est Bruxelles qui sert de bouc émissaire à des États nationaux incapables de remplir avec succès les missions qui sont les leurs et qui reportent sur Bruxelles la cause de leur échec.


Dans les deux cas, les institutions européennes – leurs incarnations et leurs réglementations – apparaissent comme une imposition d’autant plus lourde qu’anonyme. On ne parle de José Manuel Barroso que lorsqu’il décide de rejoindre Goldmann Sachs peu de temps après la fin de son mandat à la tête de la Commission.


L’Union européenne, dans un continent qui rejette l’Autre comme une menace, est de plus en plus perçue comme faisant partie de cet Autre problématique sinon menaçant. Pour 41 % des Français par exemple, l’Union européenne est source de crainte. Seulement 25 % d’entre eux la considèrent encore comme une raison d’espérer. […]


PLAN

  • De l’Europe de l’après-guerre à l’Europe du rejet de la mondialisation
  • Les raisons d’un cataclysme : le Brexit, tournant peut-être clé dans l’histoire de l’Europe
  • Quelle Europe du XXIe siècle après le référendum britannique ?
  • La réponse ne peut venir que des différentes nations qui constituent l’Union


Dominique Moïsi, professeur au King’s College de Londres, est conseiller spécial à l’Ifri. Il a récemment publié La Géopolitique des séries, Paris, Stock, 2016.

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Repenser l'Europe

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Dominique MOISI

Intitulé du poste

Ancien Conseiller spécial à l'Ifri

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Mexique : de la violence et autres démons

Date de publication
22 septembre 2016
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Le président Pena Nieto a souhaité pour le Mexique une lutte contre le narcotrafic moins spectaculaire, et des réformes économiques profondes. Mais quatre années après son arrivée au pouvoir, la violence et la corruption demeurent très largement répandues. L’économie du pays, frappée par la crise mondiale, reste fragile, et les réformes sociales ont été peu décisives. Quant au système politique, il est toujours miné par une partitocratie largement impuissante.

Ilan BIZBERG
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Colombie : la longue marche vers la paix ?

Date de publication
22 septembre 2016
Accroche

Le conflit qui oppose la guérilla des FARC à l’État colombien a fait 220 000 morts entre 1958 et 2012, date à laquelle des négociations de paix ont démarré à La Havane. Les forces armées colombiennes ont conduit une campagne de contre-insurrection efficace qui a fortement affaibli les FARC. En juin 2016, gouvernement et rebelles ont signé un accord historique. Le cessez-le-feu paraît néanmoins fragile et la paix reste à construire.

Guillaume LASCONJARIAS
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Argentine : qu’est-ce que le kirchnérisme ?

Date de publication
22 octobre 2026
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Nestor et Cristina Kirchner ont présidé l’Argentine de 2003 à 2015, durée exceptionnelle dans l’histoire politique du pays. Cette continuité permet-elle de définir un mouvement comme le kirchnérisme, qui a évolué en fonction de la conjoncture internationale et des recompositions des alliances politiques ? Si sa continuité politique demeure incertaine, on peut le caractériser par trois articulations principales qui révèlent la portée et les limites de ce projet politique.

Sébastien VELUT
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Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux

Date de publication
21 décembre 2016
Accroche

Les partis ethniques occupent une place importante sur la scène politique des Balkans occidentaux. Ils ne représentent pas nécessairement un danger pour la démocratie si leurs dirigeants acceptent de respecter le fonctionnement des institutions en place. Toutefois, dans plusieurs pays, les leaders nationalistes jouent avec le feu. Ils font peser un doute sur la démocratisation et la stabilisation de la région, deux conditions indispensables à une hypothétique accession à l’Union européenne.

Thibault BOUTHERIN

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Dominique MOISI, « Repenser l'Europe », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2016.
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