Contagion anti-européenne en Europe centrale
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Résumé
Dans les pays d’Europe centrale, et notamment en Hongrie, en Pologne et en République tchèque, la question de l’adhésion à l’Union européenne cristallise les enjeux partisans sur les différentes scènes politiques. L’arrivée d’acteurs prônant le repli sur soi et le retour à une identité nationale revivifiée concurrence le discours, plutôt favorable à l’élargissement, des anciens dissidents communistes au pouvoir. Ces nouveaux acteurs nourrissent des sentiments antidémocratiques et manient les symboles de l’histoire nationale à des fins de radicalisation anti-européenne (question des Sudètes, Maison des Expulsés, spectre d’une colonisation occidentale à travers l’Union). Ajouté à cela que le calendrier actuel de la construction européenne (liberté de circulation des travailleurs et des capitaux, questions financières…) n’exerce pas une très grande force d’attraction auprès des populations, on peut se demander si les sondages effectués quant à l’adhésion, qui restent pour l’instant favorables, rendent compte justement de l’état des opinions.
Georges Mink est directeur de recherche au LASP-CNRS et directeur du Centre français de recherches en sciences sociales (CFRSS) à Prague.
Laure Neumayer est doctorante à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, rattachée au CERI et au CFRSS.
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