Du PDS à l’AfD : les enjeux socio-politiques de la nostalgie en Allemagne de l’Est
Un peu plus d’une décennie après la réunification de l'Allemagne, l’ancienne République démocratique allemande (RDA) devient un objet de « nostalgie », rebaptisée « Ostalgie », néologisme construit à partir du terme allemand « Ost » (Est).
Ce phénomène n’est toutefois pas uniquement une vague médiatique. Selon une étude publiée en juin 2009 par l’hebdomadaire Der Spiegel, 57 % des Allemands de l’Est n’hésitent pas à défendre en public l’ancien régime de l’Allemagne de l’Est. Les blühende Landschaften (« paysages florissants ») promis par Helmut Kohl au moment de la réunification n’étaient pas au rendez-vous pour tous et les Allemands de l’Est redécouvraient leur passé.
Aux discours inquiets mettant en garde contre une nostalgie constituant un danger pour la démocratie et pour l’intégration des Allemands de l’Est, répond une volonté d’interpréter cette vision positive de la RDA comme une réaction face aux difficultés économiques et sociales qui ont suivi la réunification.
Cet article analyse les enjeux socio-politiques de cette nostalgie et leurs évolutions depuis la réunification de l’Allemagne en 1990.
Paul Maurice est chercheur au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri.
Cet article est paru dans la lettre Les droits de l'Homme en Europe orientale et dans l'espace post-soviétique, n° 34, avril-juin 2020 (page 12 à 16), intitulée « Nostalgie, Nostalgies. Déraison et des raisons », publiée par la Ligue des droits de l'Homme et dirigée par Ewa Tartakowsky.
La crise allemande commence par la voiture
Selon les chiffres publiés mi-février par le cabinet de conseil EY, 142 400 emplois ont disparu dans le secteur automobile allemand depuis 2019. Les récentes annonces de licenciements faites par Volkswagen ou BMW suscitent de grandes inquiétudes dans un pays qui a bâti sa fierté et sa prospérité d’après-guerre sur sa force industrielle et son produit phare : l’automobile.
Entre protestation et conquête du pouvoir : l'AfD à l'approche des élections régionales à l'Est
Les élections régionales de septembre permettront de mesurer dans quelle mesure l’AfD évolue d’une force de protestation vers une force politique susceptible d’exercer le pouvoir, dans un contexte de fragmentation croissante du paysage politique et de mécontentement grandissant à l’égard du chancelier Friedrich Merz et de sa coalition. Alors que l’AfD est solidement implantée dans l’Est de l’Allemagne, elle progresse également à l’Ouest, soulevant ainsi des questions majeures sur la formation des coalitions et l’avenir de la vie politique allemande.
La France et l’Allemagne : nouveau monde, nouveau sens
On s’interroge aujourd’hui légitimement sur le contenu et l’avenir du binôme, ou du couple – selon les cohabitants – franco-allemand. Mais pour ce faire, il vaut mieux inscrire les défis de l’actualité dans le rythme de l’histoire.
France-Allemagne : dépasser les différends pour renforcer la souveraineté européenne
La « relance » franco-allemande initiée avec l’arrivée de Friedrich Merz à la chancellerie en mai 2025 et sa mise en œuvre lors du Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) de Toulon en août 2025 avait pour objectif de pallier les difficultés structurelles entre la France et l’Allemagne. Force est néanmoins de constater que les ambitions affichées n’ont été que partiellement traduites dans les faits. La relation franco-allemande traverse en effet depuis le début de l’année 2026 une séquence où les difficultés conjoncturelles se combinent à des divergences plus profondes de priorités, de méthode et de culture stratégique.