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Politique étrangère, vol. 83, n° 2, été 2018
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Page couverture PE n° 2 2018
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Avec Mike Pompeo et John Bolton, le président Trump entend prendre directement la main sur les options de politique étrangère, même s’il n’est pas aisé de replacer une doctrine Trump dans la continuité des écoles diplomatiques américaines. L’arrivée de Pompeo et Bolton est aussi la mise sur la table de cartes utiles dans une stratégie de tension permanente, sur l’Iran, la Syrie ou la Corée du Nord. L’appel aux normes et aux valeurs reste vain face à une stratégie privilégiant les intérêts.

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Depuis l’élection de 2016, la politique étrangère de Donald Trump confond diplomates et commentateurs, à Washington comme dans les capitales étrangères. Rarement un président est arrivé au pouvoir avec une expérience si limitée de politique étrangère, s’attaquant de surcroît avec brutalité aux thèmes chers à l’establishment de Washington – une capitale qui a voté à 94 % pour son adversaire démocrate. Son style, imprévisible et impulsif, qu’illustrent les foucades de son compte Twitter, donne des sueurs froides à son entourage. Les experts guettent l’influence de conseillers et de ministres, avec une minutie digne des grandes heures de la kremlinologie, espérant que les « adultes dans la salle » – comme avaient été surnommés Rex Tillerson, Herbert McMaster ou James Mattis – tempèrent le président.


Et pourtant, Trump se conforme à des thèmes récurrents depuis des décennies, et la plupart des décisions marquantes de sa présidence correspondent à ses promesses de campagne : guerres douanières, annulation des accords de libre-échange, déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem, retrait des accords de Paris et de l’accord nucléaire iranien. Ces orientations risquent d’être confirmées par les nominations récentes, qui s’inscrivent dans une volonté de prise de contrôle du président sur la politique étrangère. Les nominations de deux conservateurs nationalistes, connus pour leurs positions interventionnistes sur les dossiers stratégiques – Mike Pompeo au département d’État en mars et John Bolton au Conseil national de sécurité en avril – ont une fois encore plongé les commentateurs dans la consternation et l’hyperbole, en particulier concernant Bolton, à la personnalité réputée rugueuse.


Bolton et Pompeo : Trump prend le contrôle


Comment interpréter ces nominations ? Donald Trump est naturellement sensible au signal politique envoyé. De mauvaises langues souligneraient qu’il cherche à détourner l’attention de polémiques embarrassantes sur le plan intérieur, mais il n’est nul besoin de s’aventurer sur ce terrain pour trouver des explications. Tout d’abord, la dimension personnelle est centrale. Trump ne connaissait pas Tillerson ou McMaster avant de les nommer : le premier était recommandé par Stephen Hadley et Condoleezza Rice, et avait un profil d’homme d’affaires pragmatique connaissant bien la Russie, tandis que le second avait le parcours militaire que le président affectionne. […]


PLAN

  • Bolton et Pompeo : Trump prend le contrôle
  • Existe-t-il une doctrine Trump ?
  • Un levier de négociation supplémentaire dans une stratégie de tension permanente
     - Iran/Syrie : l’administration face à ses contradictions
     - Corée du Nord : de l’usage de la force à la diplomatie directe, une administration sans tabou
     - Russie : deux durs pour une administration schizophrène
  • Privilégier un discours d’intérêts communs plutôt que de valeurs et de normes


Benjamin Haddad est chercheur au Hudson Institute de Washington.

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America First au pouvoir

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La souveraineté alimentaire ou le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

La plupart des pays en développement dépendent des importations pour nourrir leur population. Les politiques libérales impulsées par les organisations financières internationales ont mis à mal l’agriculture traditionnelle au profit de grandes firmes multinationales. Les États du Sud doivent désormais reprendre les choses en main et mettre en œuvre des politiques agricoles volontaristes permettant d’atteindre la souveraineté et la sécurité alimentaires.

Said ALAHYANE
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Quel bilan pour la Politique européenne de voisinage ?

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

Avec les élargissements de l’Union européenne de 2004 et 2007, les frontières de l’UE se sont déplacées vers l’est. Dans le cadre de la Politique européenne de voisinage puis du Partenariat oriental, l’UE tente d’entretenir de bonnes relations avec ses nouveaux voisins et de les faire évoluer vers la démocratie libérale. La Russie considère que cette approche menace ses intérêts et fait pression sur les anciennes républiques soviétiques pour qu’elles demeurent dans sa sphère d’influence.

Jakub LACHERT
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Obamacare : genèse, bilan, futur

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

L’Affordable Care Act (ACA), plus connu sous le nom d’Obamacare, est une réforme ambitieuse du système de santé américain. Entrée en vigueur en 2010, elle vise d’une part à élargir l’accès à l’assurance santé et d’autre part à réorganiser la distribution des soins. 25 millions d’Américains ont ainsi pu obtenir une assurance santé. Le bilan de cette réforme est néanmoins mitigé. Donald Trump a engagé un processus de retrait de l’ACA. Il n’est toutefois pas certain qu’il parvienne à ses fins.

Thomas RAPP
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Back to the East of Suez? Les Britanniques dans l’océan Indien

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

En décembre 2016, le gouvernement britannique annonçait son retour « à l’est de Suez ». Or, au-delà de l’effet d’annonce, la capacité de Londres à jouer un rôle géopolitique dans la région reste limitée. Londres ne cache pas la priorité qu’elle accorde aux échanges commerciaux, en particulier avec la Chine, au détriment éventuel de l’Inde. Son soft power, en particulier dans le domaine de la formation, lui permet cependant de préserver sa présence hors des jeux de puissance locaux.

Jean-Loup SAMAAN
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Benjamin HADDAD, « America First au pouvoir », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2018.
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