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Iran : anatomie d’un pouvoir en guerre

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Politique étrangère, vol. 91, n°3, 2026
Accroche

L’élimination du Guide suprême Ali Khamenei et de plusieurs hauts dirigeants dès le début de l’opération américano-israélienne de 2026 n’a pas permis de faire chuter le régime iranien. Celui-ci s’était préparé à un tel scénario, notamment en se décentralisant. En outre, il continue de s’adapter à la guerre. Le pouvoir des Gardiens de la révolution s’accroît, au détriment du clergé chiite. L’appareil sécuritaire défend la souveraineté du pays et justifie ses actions au nom de la raison d’État.

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Alors que les hostilités entre l’Iran et les États-Unis ont repris en juillet 2026, moins d’un mois après la signature d’un protocole d’accord (mémorandum d’entente), une partie de la presse américaine a rapidement changé de ligne éditoriale. D’un régime dépeint comme au bord du précipice, l’on a qualifié l’Iran d’un État renforcé par sa résilience. Le 4 juillet, le Washington Post titrait : « Iran’s Regime Survived the War and is Now Savvier, Ruthless and More Hard-Line » Si la critique de la guerre relève d’une vieille habitude de la presse, l’infléchissement du discours médiatique trahit un certain embarras face au récit de l’effondrement.

Ce timide élan de lucidité réfute le récit-maître, longtemps propagé dans la presse et dans une partie de la littérature académique, d’une verticalité du pouvoir iranien si prononcée que l’élimination de sa plus haute autorité – le Guide suprême – aurait suffi à faire chuter un régime entier. Une telle lecture s’explique tantôt par la méconnaissance du système politique en Iran, tantôt par la ténacité d’une croyance, partiale et dénuée d’analyse, au « changement de régime » (regime change). Ce dernier concept a été si solidement ancré dans la pensée stratégique américaine des années 2000 qu’il en est devenu une théorie performative des relations internationales. La théorie du regime change a été particulièrement discutée après 2001, après l’intégration à la politique étrangère américaine des notions d’« État voyou » (rogue state) puis du « Grand Moyen-Orient » (Greater Middle East). Appliquée à l’étude de la politique iranienne, la théorie du regime change a finalement révélé les limites de la porosité entre champ académique et appareils sécuritaires étatiques, bien que la pertinence de la notion a rapidement été contestée dans les études stratégiques.

PLAN DE L'ARTICLE

  • La vela¯ yat-e faqih à l’épreuve de la guerre
    • Une remise en cause de la fonction de Guide suprême ?
    • L’autorité chiite au service de la raison d’État
  • Une guerre des deux ordres ? Entre institutions rivales et pouvoir népotique
    • La dualité institutionnelle de la République islamique dans la guerre
    • La gouvernance des réseaux d’allégeance
    • Un changement de régime silencieux ? Mohammad Ghalibaf dans la reconstruction du pouvoir iranien

Sophia Mahroug, docteure en histoire contemporaine, est maître de conférences à la Sorbonne Université Abu Dhabi. Elle est l’autrice de Une histoire des Gardiens de la révolution. De la guerre Iran-Irak à la guerre douce (1980-2026) (Paris, Presses universitaires de France, 2026).

Article publié dans Politique étrangère, vol. 91, n° 3, 2026.

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ISBN / ISSN

979-10-373-1147-4

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Piraterie et insurrections dans le golfe de Guinée

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

Le golfe de Guinée est une voie de navigation importante et recèle des richesses – notamment pétrolières – qui suscitent convoitises et tensions. Les États de la région, soutenus par la communauté internationale, tentent de se mobiliser face à la piraterie. Une autre source d’instabilité menace la région : les mouvements insurrectionnels et sécessionnistes, en particulier dans le delta du Niger et dans l’Ambazonie, c’est-à-dire la partie anglophone du Cameroun.

Léon KOUNGOU
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Europe centrale : l’Initiative des Trois mers

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

Lancée en 2016, l’Initiative des Trois mers réunit 12 pays d’Europe centrale, membres de l’UE, pour renforcer la coopération économique dans l’espace entre la Baltique, l’Adriatique et la mer Noire, selon un axe Nord-Sud. Le sommet de l’Initiative à Varsovie a été marqué par la présence du président des États-Unis. Donald Trump y a exprimé son appui, en abordant les questions de coopération dans deux domaines stratégiques : l’énergie et la défense. Depuis, l’Initiative a gagné en visibilité.

Dorota RICHARD
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America First au pouvoir

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

Avec Mike Pompeo et John Bolton, le président Trump entend prendre directement la main sur les options de politique étrangère, même s’il n’est pas aisé de replacer une doctrine Trump dans la continuité des écoles diplomatiques américaines. L’arrivée de Pompeo et Bolton est aussi la mise sur la table de cartes utiles dans une stratégie de tension permanente, sur l’Iran, la Syrie ou la Corée du Nord. L’appel aux normes et aux valeurs reste vain face à une stratégie privilégiant les intérêts.

Benjamin HADDAD
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L’Inde peut-elle devenir une grande puissance ?

Date de publication
21 juin 2018
Accroche

L’Inde de Modi ambitionne le statut de puissance globale, mais elle ne l’a pas encore gagné. La multiplication des défis proches, avec le Pakistan ou la Chine, contraint Delhi à mobiliser ses forces pour tenter de stabiliser son environnement. Sur le plan interne, les instabilités à base ethnique, ou sécessionnistes, se traduisent souvent par des attaques terroristes, et limitent la marge de manoeuvre extérieure du gouvernement, comme les pesanteurs de la bureaucratie des Affaires étrangères.

Nicolas BLAREL
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Sophia Mahroug, « Iran : anatomie d’un pouvoir en guerre », Politique étrangère, vol. 91, n° 3, 2026.

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