Attentat en Allemagne, quel est l'état de la menace terroriste en Europe ?
Samedi 25 juillet, l’Allemagne a été victime d’un attentat terroriste lors de la Marche des fiertés à Berlin. Au lendemain de cette attaque qui a fait un mort et 29 blessés, analyse de la menace terroriste en Europe.
Ce samedi 25 juillet, l’Allemagne a été victime d’un attentat terroriste islamiste. L’attaque, qui a eu lieu lors de la marche des fiertés à Berlin, a fait un mort et 29 blessés. Dix ans après la vague d’attentats qui a frappé l’Europe, comment la menace a-t-elle évolué ? L’Allemagne est-elle une cible de plus en plus privilégiée ? Les États européens disposent-ils des moyens nécessaires pour prévenir de nouvelles attaques ?
L'Allemagne face à une menace terroriste en mutation
Né en 2005, allemand et d'origine libanaise, "l'individu avait déjà été repéré par les services de renseignement et par la justice : il avait d'abord été condamné pour des faits de droit commun, mais il avait aussi été condamné pour appartenance à la mouvance djihadiste", explique Marc Hecker. À ce propos, le chercheur rappelle qu'un débat a eu lieu à propos d'une potentielle déchéance de nationalité, auquel le chancelier a répondu "que l'individu n'avait qu'une seule nationalité, la nationalité allemande et qu'il n'était donc pas envisageable de le déchoir de cette nationalité." Pour Marc Hecker, "il visait spécifiquement la marche des Fiertés, parce que les communautés homosexuelles font partie des cibles de Daesh."
L'Allemagne comme nouveau "ventre mou" de l'Europe
Face à une recrudescence des actes terroristes en Allemagne, Marc Hecker pose l'explication suivante : "Il y a une dizaine d'années, la France était particulièrement ciblée, on a eu une série d'attentats tragiques très rapprochés et très intenses." Alors, "à l'époque, certains disaient que la France était ciblée parce qu'elle était le ventre mou de l'Europe, avec de très fortes tensions sociales", selon le chercheur.
"Dix ans plus tard, c'est l'Allemagne qui est perçue comme le ventre mou de l'Europe." Notamment car, comme le fait remarquer Marc Hecker, le pays "voit des tensions sociales très fortes, on voit une montée de l'extrême droite, avec une radicalisation nourrie en miroir par ces attentats djihadistes".
À ce titre, "les services de renseignement intérieur considèrent qu'une partie au moins des sympathisants ou des membres de l'AfD, (Alternative für Deutschland), premier parti d'opposition, constituent une menace potentielle". Dès lors pour Marc Hecker, "le modèle allemand est aujourd'hui remis en cause : le modèle économique, le modèle sécuritaire, le lien transatlantique, fondateur pour le pays et aujourd'hui très secoué par l'administration Trump".
Quelle menace terroriste en France ?
Du côté français, Marc Hecker rappelle que "la menace première est la menace djihadiste, ensuite on a l'ultra-droite, puis l'ultra-gauche".
Quant à la pratique, il s'agit de "passages à l'acte isolés", où on distingue, en anglais, le "lone actor" du "lone wolf", facilités notamment par
"les réseaux sociaux, à l'instar du djihad en Syrie", indique Marc Hecker.
Le chercheur dégage également une nouvelle caractéristique du terroriste d'aujourd'hui : "Ce qui est très frappant dernièrement, c'est un rajeunissement des personnes qui passent à l'acte, et certaines d'entre elles sont en réalité plus motivées par la violence que par l'idéologie".
Néanmoins, Marc Hecker rappelle la multiplicité des dispositifs, notamment européens, pour lutter contre le terrorisme : "Depuis le 11 septembre 2001, il y a eu tout un tas de dispositifs créés : Europol, Eurojust, il existe aussi un réseau européen qui s'appelle l'EU Knowledge Hub on Prevention of Radicalisation." Et conclut que de manière bilatérale et parfois sans passer par Bruxelles, "les services coopèrent bien entre eux".
À écouter sur le site de Radio France.
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