Interventionnisme militaire : peut-on faire la démocratie par la guerre ?
Éviction-éclair de Nicolas Maduro, possible opération militaire en Iran... Une fois encore, c'est en faiseur de paix que Donald Trump se met en scène. Si l'interventionnisme militaire a une histoire longue, Trump, impose-t-il toutefois un nouveau tournant ?
Avec :
- Gilles Hertzog, chroniqueur
- Laurence Nardon, docteure en science politique, responsable du programme Amériques de l'Ifri (Institut français des relations internationales)
- Catherine Tricot, directrice de la revue Regards
Afghanistan, Irak, Libye... Les controverses autour de l'interventionnisme militaire ne manquent pas. S'agit-il d'échecs ou plus encore de traumatismes ? Les dernières opérations menées par Trump nous invitent à revenir sur l'histoire longue de ce mode d'action. Quelles en sont les fins ? L'interventionnisme militaire à la Trump : une nouvelle menace ? Quels leviers pour y faire face ?
Trump face au dossier Iran
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Hors de ce débat d'une intervention ou non, Laurence Nardon rappelle quelques épisodes de l'histoire américaine. Dans le cas de l'Afghanistan ou de l'Irak, il y a eu une intervention militaire, mais cela n'a pas suffi à établir une démocratie. "Est-ce que cela marcherait dans le cas de l'Iran ? Il s'agit d'une population extrêmement éduquée, qui a peut-être plus de chances d'y arriver. Mais c'est quand même extrêmement hasardeux", affirme la politiste.
Le retour d'un impérialisme américain à la Theodore Roosevelt ?
Un autre dossier sur la table de Trump, en ce début d'année : le dossier Venezuela. L'enlèvement-éclair de Nicolas Maduro orchestré par l'administration Trump participe aussi à un projet que mène ardemment le locataire de la Maison Blanche : sa course pour le Nobel. Laurence Nardon voit deux directions dans la politique étrangère de Donald Trump : "Il y a d'une part cette espèce de prédation totalement décomplexée, [...] qui est le retour d'un impérialisme, comme on n'en avait pas vu depuis Theodore Roosevelt, aux alentours de 1900. Et puis, de l'autre côté, il y a une sorte d'hyperactivité diplomatique : résoudre des conflits."
La politiste relève un autre élément de complexité, "quelque chose de presque viscéral chez lui", observe Laurence Nardon. Il s'agit de son "envie de protéger des gens qui sont en souffrance". Cela apparaissait déjà dans son premier mandat, lorsqu'en 2018, après les frappes chimiques de Bachar al-Assad sur la population, "Trump a déclenché des frappes", rappelle Laurence Nardon. Une décision allant à rebours de son prédécesseur, Barack Obama.
> Écouter le podcast sur le site de Radio France.
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