Génération Gezi ?
A l’été 2013 la Turquie vivait au rythme des manifestations et la jeunesse s’exposait pour la première fois sur la scène politique. Un an plus tard le pays est de nouveau sous contrôle et la « génération Gezi » semble rentrée dans le rang. Entre tradition et modernité, la jeunesse turque peut-elle devenir un vecteur d’évolution sociale ?
En juin 2013 se déroulait le plus grand mouvement de contestation anti-gouvernementale de ces trente dernières années en Turquie. A l’origine de ce dernier, une mobilisation pour la défense du parc Gezi, situé au milieu de la mégapole d’Istanbul, et voué à la destruction pour laisser place à la réplique d’une caserne ottomane du XIXème siècle. La protestation des riverains et des groupes d’opposition traditionnels, cristallisée au départ autour de revendications écologistes, s’est rapidement transformée en une lutte contre l’autoritarisme du pouvoir. Les observateurs ont été frappés par la forte implication de la jeunesse dans le mouvement, suggérant l’apparition d’une « génération Gezi »
Pourquoi s’intéresser plus particulièrement aux « jeunes » parmi les manifestants ? La jeunesse est cette période de transition entre l’enfance et l’âge adulte, entre 15 et 24 ans, où les personnalités se construisent entre reproduction des codes des générations précédentes et volonté de changement social. Le rôle politique et social de la jeunesse turque est un sujet familier pour les sociologues et les historiens, partant du principe que celle-ci peut être considérée de façon homogène et qu’elle a été mobilisée dans le passé au service de projets collectifs. Aujourd’hui sa fragmentation remet pourtant largement en cause l’idée d’une « génération Gezi » cohérente, partageant des idéaux et des objectifs.
Télécharger l’éditorial pour le lire dans sa totalité :
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Génération Gezi ?
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesL’Iran face à la recomposition de son environnement régional. Entre survie du régime et isolement stratégique
La guerre de quarante jours déclenchée le 28 février 2026 par l’offensive israélo-américaine contre l’Iran a ouvert une nouvelle phase dans l’histoire des relations entre la République islamique et ses voisins. Si le régime a démontré une capacité de résilience face à une campagne militaire d’une ampleur inédite depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988), sa survie ne doit pas être confondue avec une victoire stratégique. Comme le révèle la séquence actuelle, la République islamique conserve une capacité de nuisance importante mais voit simultanément se réduire ses réseaux d’influence au Moyen-Orient, ses coopérations économiques dans la zone et les acquis diplomatiques de l’accord de mars 2023, conclu avec l’Arabie saoudite, sous l’égide de la Chine.
La politique allemande envers Israël : dépassée depuis le 7 Octobre
Peu de pays ont été aussi profondément affectés par les attaques du 7 octobre et la guerre à Gaza qui a suivi que l’Allemagne. Il ne s’agit pas simplement d’une controverse politique. Cela reflète un problème structurel plus profond : la politique allemande envers Israël repose depuis longtemps sur deux principes directeurs, une responsabilité historique particulière à l’égard d’Israël, héritée de l’Holocauste, et un engagement ferme en faveur de normes universalistes, avant tout le droit international et les droits de l’homme.
L'escalade dans la continuité : la politique étrangère de l’Espagne envers Israël et la Palestine après le 7 octobre
Au cours des deux dernières années, l’Espagne s’est imposée comme l’un des pays les plus vocaux dans son soutien à la cause palestinienne. Si Madrid s’est initialement alignée sur la position européenne dominante, reconnaissant le droit d’Israël à se défendre après les attaques du 7 octobre, elle s’en est rapidement distinguée de la plupart des États membres de l’Union européenne (UE) en remettant en question, puis en condamnant, la conduite de la guerre par Israël à Gaza.
La reconnaissance de la Palestine par l'Australie : un cas où le statu quo prime sur la responsabilité
Les attentats terroristes perpétrés par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 ont coûté la vie à plus d’un millier d’Israéliens, modifiant irrévocablement la perception internationale du conflit israélo-palestinien. Le gouvernement australien a fait part de son profond choc et de son dégoût face aux attaques du Hamas, tout en réaffirmant son soutien diplomatique et politique indéfectible à Israël. Mais à mesure que la riposte israélienne s’est davantage orientée vers la vengeance et qu’elle a servi de prétexte pour réaliser le rêve idéologique de longue date d’un Grand Israël, le soutien de l’Australie s’est fait plus discret et conditionnel.2 Cela a abouti à l’adhésion de l’Australie à la Grande-Bretagne, à la France et au Canada pour reconnaître officiellement un État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025.