Y-aura-t-il un jour un marché européen du gaz et de l'électricité ?
Edito Energie, février 2011
A cette question, j’aurais répondu il y a un an plutôt positivement. Aujourd’hui, je n’en suis plus si sûr. Mon relatif optimisme hier se basait sur le remplacement d’un ensemble d’opérateurs nationaux en situation de monopoles (au moins régionalement) par un oligopole d’opérateurs ayant une part importante de leur activité en dehors de leur pays d’origine. Figuraient dans la liste : EON, EdF, RWE, ENEL, GdFSuez, IBERDROLA, VATENFALLS pour l’essentiel.
Pourtant, récemment la tendance s’est inversée : EON a vendu ses activités de distribution en Grande-Bretagne, en Italie t dans des pays d’Europe Centrale. EdF s’est retiré de la distribution en Grande-Bretagne (vente de British Energy) et plus significatif , de EnBW en Allemagne.
Pourquoi ce reflux ? les grands groupes ont constaté que les Etats ne se dessaisissaient pas de leur rôle quant aux choix des investissements de production et que les autorités publiques, nationales et/ou régionales, continueraient à intervenir sur les tarifs de vente et que les perspectives de rentabilité des activités de distribution n’étaient pas favorables. Par ailleurs, les décisions d’interconnexions intra-européennes trainaient. Et les politiques des pays en matière de renouvelables étaient souvent incohérentes tant à l’intérieur de chaque pays que d’un pays à l’autre.
Dès lors que faire ? Dans cet éditorial, nécessairement sommaire, j’esquisserai une adaptation de la politique énergétique européenne qui serait bénéfique :
- Recentrer la politique énergétique européenne sur la compétitivité:
o Admettre que vont coexister deux modèles de production nationaux, l’un sans nucléaire ou préparant son extinction, l’autre avec nucléaire dans le but d’arriver à une source quai-renouvelable avec la génération IV.
o Ne reconnaître aucune distinction au niveau du transport , de la distribution et des échanges internationaux entre les électricités provenant des différentes sources.
o Renforcer les pouvoirs des organismes européens en matière de transport et d’interconnexion afin que soit réalisé un ensemble d’interconnexions optimisant la somme des coûts de fourniture de l’électricité (en tenant compte par conséquent de l’irrégularité de la production de certaines sources renouvelables)
o Interdire aux gouvernements toute intervention sur les marchés de gros et sur les marchés industriels et opter pour une libéralisation progressive totale des prix aux ménages
o Gérer efficacement le marché des droits à émettre du CO2 dans les secteurs couverts par le système européen (avec un horizon au-delà de 2020 et l’introduction de prix plancher) et étudier l’instauration d’une taxe pour le reste des émissions.
J’ajouterai que dans les 3*20, l’objectif essentiel me parait la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le sol européen. S’attribuer les économies résultant des MDP est une hypocrisie dangereuse qui permet de faciliter l’atteinte illusoire d’objectifs qui deviennent dénués de sens.
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