Les coulisses de l'aide internationale en République démocratique du Congo
L'aide internationale est trop souvent considérée depuis les hautes sphères de la théorie économique et des conférences internationales. Inversant le regard, cet ouvrage donne la parole aux " petites mains " des ONG, à ces praticiens qui, sur le terrain, au quotidien, s'efforcent de mettre en application les projets d'aide.
De fait, les grands bailleurs internationaux délèguent de plus en plus leurs missions aux ONG, en particulier dans les pays fragiles ou en reconstruction, exposés à la violence et à la déliquescence des structures étatiques. La République démocratique du Congo fournit à cet égard un cadre parfait d'observation, tant ce pays-continent apparaît comme un laboratoire à ciel ouvert de l'aide.
Au fil des témoignages et des exemples, qu'il s'agisse de programmes en faveur des femmes violées ou des enfants-soldats, le lecteur découvre avec effarement les dilemmes et effets pervers de cette stratégie de sous-traitance. La multiplication des acteurs attise les rivalités, dilue les responsabilités, entraîne une plus grande opacité financière, des coûts de coordination et des risques de corruption en hausse, la perte de maîtrise décisionnelle et de connaissance du terrain, etc. A travers cette étude de cas, l'aide internationale fait figure de " charité mal ordonnée " qui doit d'urgence se remettre en cause.
Issu d'un séminaire organisé à l'Institut français des relations internationales (Ifri) en juin 2009, cet ouvrage est dirigé par Thierry Vircoulon, qui fut expert européen au Congo et est aujourd'hui responsable Afrique centrale à l'International Crisis Group. Il est également chercheur associé à l'Ifri.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesPropagande en ligne en temps de guerre au Soudan
Dans le conflit soudanais, la bataille de propagande entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapides (FSR) à travers les médias classiques et les réseaux sociaux entretient une grande confusion informationnelle. Et ce d’autant plus que l’absence de journalistes sur le terrain facilite la désinformation. Bien que l’armée et les FSR tentent de promouvoir leurs discours grâce à leurs réseaux de communicants et en pratiquant la désinformation et la censure, ils ne peuvent contrôler complètement l’information sur le conflit. Dans le cadre de cette guerre, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’expression où les politiciens, militaires, influenceurs et militants expriment leurs rivalités, leurs mensonges et leur propagande.
Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
Quelle place pour l’Afrique subsaharienne dans le monde ?
En s’appuyant sur une approche extrinsèque, alliant histoire globale, géopolitique et relations internationales, ce papier tente de périodiser les modalités des relations de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Après un retour rapide sur les périodes précoloniales, coloniales et de Guerre froide, sont explorées plus spécifiquement les périodes 1990-2015 et 2015-2025.
Un « faux départ » : l’avenir des chefferies coutumières en Afrique
Au-delà du seul cas du Burkina Faso, la cérémonie hebdomadaire du « faux départ » du Moro Naba, « l’empereur des Mossi » symbolise dans l'Afrique d’aujourd'hui la position paradoxale de dirigeants traditionnels jouissant d'une influence qui se situe en marge de la sphère politique moderne tout en conservant à la différence de celle-ci, une forte dimension religieuse.