Iran-Israël : la guerre idéologique de 1979 à nos jours
L’attaque déclenchée sur l’Iran en février 2026 par Israël avec l’aide des États-Unis constitue l’apogée de la confrontation entre les deux pays. Historien des relations internationales, Clément Therme analyse cinquante ans d’un conflit qui, plus que jamais, a un impact mondial.
Depuis l’avènement du régime théocratique à Téhéran en 1979, porté par l’ayatollah Khomeini, l’État iranien se donne comme objectif politique et idéologique la défense de la Palestine et la disparition d’Israël. Tout en agitant la menace nucléaire, il a créé un vaste réseau de groupes armés au Levant – Hamas, Hezbollah, milices chiites en Irak, Houthis –, intensifiant la régionalisation du conflit et les formes de guerres hybrides, informationnelles et clandestines.
La mort d’Ali Khamenei clôt une ère. Celle d’une République islamique révolutionnaire qui a sacrifié l’intérêt de son peuple à sa propre survie, engendrant en réaction la coalition destinée à l’abattre. Cette confrontation existentielle fait aujourd’hui basculer le monde dans l’incertitude. Un ouvrage indispensable pour comprendre le chaos en cours au Moyen-Orient.
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Demain l’Iran, l'avenir d'une nation
Spécialiste de l’Iran, Clément Therme nous plonge au coeur de cette mécanique de pouvoir. Dans cette enquête exceptionnelle, il révèle les ressorts d’un régime qui fabrique le chaos autant qu’il le subit et fait de la tension extérieure la condition de sa survie intérieure. Jusqu’à quand ? Et surtout, qu’adviendra-t-il après ?
L’Iran face à la recomposition de son environnement régional. Entre survie du régime et isolement stratégique
La guerre de quarante jours déclenchée le 28 février 2026 par l’offensive israélo-américaine contre l’Iran a ouvert une nouvelle phase dans l’histoire des relations entre la République islamique et ses voisins. Si le régime a démontré une capacité de résilience face à une campagne militaire d’une ampleur inédite depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988), sa survie ne doit pas être confondue avec une victoire stratégique. Comme le révèle la séquence actuelle, la République islamique conserve une capacité de nuisance importante mais voit simultanément se réduire ses réseaux d’influence au Moyen-Orient, ses coopérations économiques dans la zone et les acquis diplomatiques de l’accord de mars 2023, conclu avec l’Arabie saoudite, sous l’égide de la Chine.
La politique allemande envers Israël : dépassée depuis le 7 Octobre
Peu de pays ont été aussi profondément affectés par les attaques du 7 octobre et la guerre à Gaza qui a suivi que l’Allemagne. Il ne s’agit pas simplement d’une controverse politique. Cela reflète un problème structurel plus profond : la politique allemande envers Israël repose depuis longtemps sur deux principes directeurs, une responsabilité historique particulière à l’égard d’Israël, héritée de l’Holocauste, et un engagement ferme en faveur de normes universalistes, avant tout le droit international et les droits de l’homme.
L'escalade dans la continuité : la politique étrangère de l’Espagne envers Israël et la Palestine après le 7 octobre
Au cours des deux dernières années, l’Espagne s’est imposée comme l’un des pays les plus vocaux dans son soutien à la cause palestinienne. Si Madrid s’est initialement alignée sur la position européenne dominante, reconnaissant le droit d’Israël à se défendre après les attaques du 7 octobre, elle s’en est rapidement distinguée de la plupart des États membres de l’Union européenne (UE) en remettant en question, puis en condamnant, la conduite de la guerre par Israël à Gaza.