Russia's Security Relations with the West after Kosovo and Chechnya
Paris : Ifri, 2000. - 48 p. (Série transatlantique), (Notes de l'Ifri, n° 19)
Cette 'Note' s'interroge sur les déceptions réciproques engendrées par les cahots des relations russo-occidentales depuis le début des années 1980.
A divers égards, l'année 1994 apparaît comme symbolique d'un retournement des perceptions, en particulier en Russie: la décision de principe d'élargir l'OTAN renforce l'inclination de Moscou à s'estimer en position défensive face à une Alliance conquérante, tendance que ne combattent ni les mécanismes limités mis en place par l'Acte fondateur des relations OTAN-Russie, ni le redoublement de méfiance qui intervient à l'occasion de la crise du Kosovo.
Les manœuvres des Etats-Unis dans l'ancien espace soviétique, en particulier au Caucase, sont observées à Moscou avec une évidente méfiance. Quant aux insistances de l'Ouest sur le désarmement ou sur une nécessaire autolimitation russe en matière de transferts d'armements, elles sont surtout vues comme des tentatives de contrôler et marginaliser ce qui reste de la puissance russe, ou de protéger les marchés d'armement occidentaux.
A un moment où les équilibres politiques russes se transforment, alors qu'entre Kosovo, Tchétchénie et élection présidentielle, des perceptions nouvelles se mettent peut-être en place, au moins au niveau des élites politiques, jusqu'où peut s'élargir le fossé entre Russie et Occident, jusqu'où la position russe peut-elle être spécifiée sans devenir antagonique, et quels sont les enjeux de l'immédiat avenir ?
L'auteur estime que l'hypothèse d'une nouvelle guerre froide, tout comme celle d'une réorientation diplomatique fondamentale, sont peu crédibles, pour une raison de fait: l'absence de moyens ou d'alternative réelle. Il est peu vraisemblable, pourtant, que les vrais problèmes qui se posent dans les relations russo-atlantiques (relations institutionnelles, problèmes des futurs systèmes antimissiles, par exemple…) se résolvent rapidement. La mutation politique que connaît la Russie pourrait néanmoins déboucher sur une nouvelle rationalité de ses relations bilatérales, elle-même constitutive d'un partenariat plus ou moins démilitarisé.
La viabilité de ce futur partenariat dépendra au plus haut point des dialogues à mener dans plusieurs domaines essentiels: la renégociation du traité ABM, les problèmes de non-prolifération, les relations de coopération dans les Balkans, la gestion des crises dans le Caucase, la coopération dans les domaines non politiques concernant la sécurité, enfin la relance du fonctionnement des institutions russo-atlantiques, gelé après le Kosovo.
Dmitri Trenin est directeur-adjoint du Carnegie Endowment’s Centre de Moscou, dont il co-préside le projet "Politique étrangère et de sécurité".
La série transatlantique des "Notes de l'Ifri" propose des analyses concises, en français ou en anglais, des principaux débats transatlantiques et des enjeux des politiques publiques menées tant aux Etats-Unis qu'en Europe. Cette série reçoit le soutien du German Marshall Fund of the United States.
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