Stabilité sous pression. Un point de vue pakistanais sur la dissuasion nucléaire après Pahalgam
La crise indo-pakistanaise de mai 2025, survenue après l’attaque de Pahalgam, a relancé un débat familier mais incomplet : la dissuasion nucléaire a-t-elle fonctionné, ou a-t-elle simplement permis aux deux parties de mener une guerre limitée sous l’ombre du nucléaire ? La meilleure réponse est que la dissuasion a fonctionné au niveau pour lequel elle a été conçue. Elle a empêché une guerre généralisée ainsi qu’une escalade verticale incontrôlée, tout en maintenant les armes nucléaires à l’arrière-plan. En revanche, elle n’a pas empêché l’Inde de chercher à se ménager un espace d’action conventionnelle, ni le Pakistan de répondre par des moyens conventionnels afin de rétablir la crédibilité de sa dissuasion.
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Points clés
Du point de vue pakistanais, la dissuasion nucléaire d’Islamabad n’a pas échoué en mai 2025 ; la crise a montré qu’elle continue d’empêcher une guerre à grande échelle tout en laissant subsister un espace dangereux pour des affrontements conventionnels limités, la guerre de l’information et les signaux coercitifs.
Le « nouveau paradigme » de l’Inde, consolidé après Pahalgam, vise à normaliser les frappes punitives sous des appellations telles que « lutte contre le terrorisme » et « absence de chantage nucléaire », signalant une volonté de recourir davantage à la force contre le terrorisme présumé. Le Pakistan doit préserver la crédibilité de sa dissuasion sans que chaque crise ne glisse prématurément vers une rhétorique nucléaire.
La modernisation pakistanaise vise moins à accroître l’arsenal qu’à renforcer sa survivabilité, sa redondance, la crédibilité de sa capacité de seconde frappe, ainsi que la dissuasion conventionnelle et la résilience face aux drones, aux frappes de précision, à la défense antimissile, aux cybercapacités, aux systèmes ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) assistés par l’intelligence artificielle et aux manipulations de l’information.
Le débat sur un prétendu parapluie nucléaire pakistanais au profit de l’Arabie saoudite repose sur une mauvaise compréhension de la logique de dissuasion du Pakistan, qui est ancrée dans la menace sud-asiatique et ne constitue ni une garantie transférable ni un dispositif pouvant être externalisé.
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