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Stabilité sous pression. Un point de vue pakistanais sur la dissuasion nucléaire après Pahalgam

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Stability under Pressure. A Pakistani View on Nuclear Deterrence after Pahalgam. Rabia Akhtar. Ifri Briefing
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La crise indo-pakistanaise de mai 2025, survenue après l’attaque de Pahalgam, a relancé un débat familier mais incomplet : la dissuasion nucléaire a-t-elle fonctionné, ou a-t-elle simplement permis aux deux parties de mener une guerre limitée sous l’ombre du nucléaire ? La meilleure réponse est que la dissuasion a fonctionné au niveau pour lequel elle a été conçue. Elle a empêché une guerre généralisée ainsi qu’une escalade verticale incontrôlée, tout en maintenant les armes nucléaires à l’arrière-plan. En revanche, elle n’a pas empêché l’Inde de chercher à se ménager un espace d’action conventionnelle, ni le Pakistan de répondre par des moyens conventionnels afin de rétablir la crédibilité de sa dissuasion.

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Missiles balistiques pakistanais à portée intermédiaire exposés à Karachi en 2008
Missiles balistiques pakistanais à portée intermédiaire exposés à Karachi en 2008
SyedNaqvi90/CC/WikiCommons
Table des matières
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Titre
Points clés

1
Texte courant

Du point de vue pakistanais, la dissuasion nucléaire d’Islamabad n’a pas échoué en mai 2025 ; la crise a montré qu’elle continue d’empêcher une guerre à grande échelle tout en laissant subsister un espace dangereux pour des affrontements conventionnels limités, la guerre de l’information et les signaux coercitifs.

2
Texte courant

Le « nouveau paradigme » de l’Inde, consolidé après Pahalgam, vise à normaliser les frappes punitives sous des appellations telles que « lutte contre le terrorisme » et « absence de chantage nucléaire », signalant une volonté de recourir davantage à la force contre le terrorisme présumé. Le Pakistan doit préserver la crédibilité de sa dissuasion sans que chaque crise ne glisse prématurément vers une rhétorique nucléaire.

3
Texte courant

La modernisation pakistanaise vise moins à accroître l’arsenal qu’à renforcer sa survivabilité, sa redondance, la crédibilité de sa capacité de seconde frappe, ainsi que la dissuasion conventionnelle et la résilience face aux drones, aux frappes de précision, à la défense antimissile, aux cybercapacités, aux systèmes ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) assistés par l’intelligence artificielle et aux manipulations de l’information.

4
Texte courant

Le débat sur un prétendu parapluie nucléaire pakistanais au profit de l’Arabie saoudite repose sur une mauvaise compréhension de la logique de dissuasion du Pakistan, qui est ancrée dans la menace sud-asiatique et ne constitue ni une garantie transférable ni un dispositif pouvant être externalisé.

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Cette distinction est importante pour les publics européens, car la doctrine nucléaire pakistanaise est souvent interprétée à travers des raccourcis alarmistes : armes nucléaires tactiques, instabilité des crises, inquiétudes concernant le commandement et le contrôle, et, plus récemment, spéculations sur un parapluie nucléaire pakistanais pour l’Arabie saoudite. La réalité stratégique est pourtant bien moins alarmante : la capacité nucléaire du Pakistan est née pour compenser une asymétrie durable avec l’Inde. Son objectif est défensif, spécifiquement lié à l’Inde, et vise à prévenir une guerre majeure en Asie du Sud.

La crise de Pahalgam a débuté après l’attaque du 22 avril 2025 dans le Jammu-et-Cachemire occupé par l’Inde, qui a fait 26 morts. L’Inde a accusé le Pakistan et a lancé, le 7 mai, des frappes contre des infrastructures présumées terroristes de l’autre côté de la frontière internationale. Le Pakistan a nié toute implication et a riposté à mesure que l’affrontement s’étendait aux missiles, aux drones, à l’artillerie et aux bombardements transfrontaliers. Le 10 mai, un cessez-le-feu a finalement été conclu à la suite d’un contact au niveau des directeurs généraux des opérations militaires (DGMO), avec une médiation principalement assurée par la diplomatie des États-Unis.
 

Ce Briefing est uniquement disponible en anglais.

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Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
Accroche centre

Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

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Fabian HOFFMANN
Crédits image de la page
Missiles balistiques pakistanais à portée intermédiaire exposés à Karachi en 2008
SyedNaqvi90/CC/WikiCommons
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Stability under Pressure. A Pakistani View on Nuclear Deterrence after Pahalgam. Rabia Akhtar. Ifri Briefing
Rabia AKHTAR, « Stabilité sous pression. Un point de vue pakistanais sur la dissuasion nucléaire après Pahalgam », Briefings, Ifri, 24 juin 2026.
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