États-Unis : une renaissance ferroviaire ?
La construction d’un réseau ferroviaire a joué un rôle de premier plan dans la Conquête de l’Ouest au XIXe siècle, mais, après 1945, le transport de passagers a pâti de la concurrence de la voiture et de l’avion. La création en 1971 d’une entreprise publique, Amtrak, n’a pas réussi à entraver ce déclin. En comparaison, le transport de marchandises (principalement de céréales) par train a toujours réussi à maintenir un haut niveau d’activité aux États-Unis . Les entreprises privées ne s’en sont donc pas détournées.
Adepte du train qu’il prend volontiers pour aller du Delaware à Washington, Joe Biden impulse aujourd’hui un effort de revitalisation du rail américain. Lorsqu’il était vice-président de Barack Obama, « Amtrak Joe » avait déjà engagé le projet de train à grande vitesse américain dans le cadre de la grande loi de relance qui avait suivi la crise de 2008. Le « TGV américain » ne concernera que les corridors les plus empruntés, avec principalement l’Acela Express entre Washington et Boston et le projet californien entre Los Angeles et San Francisco. Lancé en 2015, ce dernier reste controversé et très en retard.
Maintenant président, Joe Biden a prévu jusqu’à 100 milliards de dollars dans l’Infrastructure Investment and Jobs Act de novembre 2021 pour moderniser et étendre le réseau passager. Cet effort ferroviaire repose sur trois types de considérations :
- Géopolitiques : les États-Unis ne doivent pas laisser à la Chine une telle avance dans le domaine de la grande vitesse et dans les technologies d’avenir ;
- Sociales : les différents chantiers ferroviaires vont créer de l’emploi aux États-Unis et les nouvelles lignes vont revitaliser les territoires, ce qui, au passage, justifiera les financements venus des états fédérés ;
- Écologiques : le train est le mode de transport le plus vertueux, notamment face à la voiture et à l’avion actuellement privilégiés par les Américains.
Mais ces évolutions sont fragiles. L’élection d’un président républicain en 2024 mettrait sans doute un coup d’arrêt au tournant ferroviaire engagé par la présente administration.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
États-Unis : une renaissance ferroviaire ?
Canada : vers un retour aux sources européennes ?
Quand Ursula von der Leyen prendra la parole le 16 septembre pour le traditionnel discours sur l’état de l’Union européenne (UE), de nombreux regards risquent de se tourner vers la tribune d’honneur, où aura pris place le Premier ministre canadien Mark Carney. Celui qui avait su, en début d’année, si justement saisir l’air du temps avec son désormais célèbre discours de Davos s’est en effet imposé depuis lors comme une source d’inspiration internationale, érigée par certains au rang de héraut anti-Trump. Sa récente décision de quitter la table des négociations commerciales avec les États-Unis, après avoir un temps donné le sentiment d’être prêt à céder, n’a fait que renforcer cette aura en Europe, notamment auprès de ceux, nombreux, qui avaient regretté l’approche trop conciliante de l’Union lors des négociations de Turnberry.
Abelardo de la Espriella, élu président en Colombie
Abelardo de la Espriella a été élu le 21 juin président de la Colombie, pour un mandat de quatre ans (non renouvelable) qui commencera le 7 août 2026. Il a été élu avec 49,66 % des voix, contre 48,70 % pour son opposant de gauche Iván Cepeda, soit une différence d’environ 250 000 votes. C’est la première fois qu’un président colombien est élu, dans le système actuel d’élection à deux tours, avec moins de 50 % des voix.
Trump 2 : le sacre de l’intégralisme catholique post-libéral ?
Le cabinet de Donald Trump se caractérise par une présence notable de figures catholiques de premier plan, à l’instar du vice-président James D. Vance. Cette visibilité excède le poids démographique de l’électorat catholique aux États-Unis et marque l’aboutissement d’une stratégie d’influence sur le Parti républicain par des intellectuels catholiques, amorcée dans les années 1950 en réaction à l’idéologie « fusionniste » de ce dernier, laquelle cherchait à concilier conservatisme moral et libéralisme économique. Depuis 2016, des universitaires tels que Patrick Deneen et Adrian Vermeule ont développé un courant qualifié d’« intégralisme catholique » et promeuvent un nouveau projet politique : le post-libéralisme.
Vers une nouvelle politique étrangère démocrate ? Enjeux et recompositions à l’horizon des présidentielles de 2028
Sortant peu à peu de l’état de sidération dans lequel la réélection de Donald Trump les a plongés en novembre 2024, les Démocrates s’apprêtent à entrer en campagne pour les élections de mi-mandat de 2026, puis pour les primaires démocrates qui précéderont les présidentielles de 2028.