Franchir le miroir : " Régimes hybrides " et pouvoir traditionnel dans les États fragiles
La relation conflictuelle entre l'État et les sociétés locales n'a rien de nouveau. Ce qui est inédit, en revanche, c'est la prolifération contemporaine d'États cooptés au sein d'un système international unique, celui de l'ONU, avec 193 membres en 2011 contre 51 à l'origine.
Ce modèle s'est imposé à l'échelle de la planète tandis que se multipliaient des organisations internationales destinées à atténuer concrètement les frictions et les conflits. Pourtant, la multiplication du nombre des États n'a pas conduit à la stabilité mondiale. Bien au contraire, les guerres civiles se sont multipliées depuis la fin des empires tout comme les signes de " fragilité " au sein de bien des États.
L'examen des situations où coexistent des pouvoirs politico-administratifs post-coloniaux - correspondant aux standards internationaux de la gouvernance étatique - et des autorités dites " coutumières " ou " traditionnelles " - d'origine précoloniale -, est donc devenu, sous le vocable de " régimes hybrides ", l'un des champs de réflexion privilégiés dans la recherche d’une consolidation structurelle des États qualifiés de " fragiles " ou de " faillis ". Cette analyse montrera que c'est là une question très complexe, impliquant des modes de légitimité distincts et parfois opposés, dont la complémentarité n'est nullement acquise à l'avance comme dans les théories constitutionnelles de séparation des pouvoirs.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Franchir le miroir : " Régimes hybrides " et pouvoir traditionnel dans les États fragiles
Gouvernance des mobilités : le hub djiboutien entre stratégies d’influence et souveraineté
Dans la Corne de l'Afrique, la multiplication des crises — conflits au Soudan et en Éthiopie, dérèglements climatiques — a porté le nombre de déplacés à 26,3 millions de personnes. Au cœur de ces flux, Djibouti s'impose comme un point de passage incontournable entre la région et la péninsule Arabique. Si les flux migratoires y ont bondi de 72 % en 2024, Djibouti n'est pas seulement un territoire de transit : il est devenu un enjeu diplomatique et sécuritaire, où l'Union européenne et l'OIM projettent leurs politiques d'externalisation migratoire, révélant des rapports de force qui dépassent largement la gestion humanitaire des mobilités.
La cybercriminalité en Afrique centrale : typologie, expériences et gestion par les pouvoirs publics
La présente Note examine la montée en puissance de la cybercriminalité en Afrique centrale et la réponse des États concernés.
Les vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame
Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.
L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe
Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.