L' "anti-environnementalisme", nouveau thème des conservateurs américains
Potomac Paper, n° 8, septembre 2011
L'opposition aux politiques de protection de l'environnement est devenue une posture de principe pour les conservateurs radicaux aux Etats-Unis, notamment en vue de la campagne de 2012. Ce thème se trouve être au carrefour des courants principaux de cette tendance politique : méfiance envers les élites scientifiques, foi en la destinée providentielle du pays, défense des états fédérés contre Washington et de la souveraineté nationale contre le monde extérieur.
L’opposition aux politiques de protection de l’environnement est devenue ces dernières années un nouveau cheval de bataille pour les conservateurs américains ; il vient s’ajouter à leurs thèmes traditionnels.
L’« anti-environnementalisme » n’est pas la volonté de nuire, de manière délibérée, à l’environnement, mais plutôt une opposition systématique aux modalités et au principe même d’une politique publique visant à le protéger. Il se concentre sur une agence fédérale, l’Environmental Protection Agency (EPA), et sur l’enjeu très débattu du changement climatique.
Il bénéficie bien sûr de la dynamique des Tea Parties, mais aussi du soutien financier de généreux donateurs, des relais de la pensée conservatrice auprès de l’opinion et de l’effet amplificateur et mobilisateur d’Internet.
Ce nouveau thème se situe surtout au croisement de courants puissants et anciens du conservatisme américain : méfiance populiste envers les élites intellectuelles et scientifiques, confiance absolue en la destinée providentielle du peuple américain, défense des prérogatives des États contre Washington, de la souveraineté nationale contre la menace d’un gouvernement mondial, des droits de l’individu contre le Big Government, de la liberté d’entreprendre contre le « socialisme ».
Les élus républicains, soucieux de capter à leur profit l’ardeur militante des Tea Parties, reprennent une partie de l’argumentaire anti-environnementaliste et contribuent à installer ce thème dans le débat politique. C’est vraisemblablement sous cette forme que l’environnement sera présent lors des primaires républicaines, puis au cours de la campagne présidentielle.
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