Les nouvelles dynamiques internationales : les nouvelles dimensions de la guerre
À l’occasion des 200 ans du Figaro, Philippe Gélie reçoit au Grand Palais, Giuliano da Empoli et Thomas Gomart. Écrivain, Giuliano da Empoli a notamment publié « Le Mage du Kremlin » (Gallimard, 2022, grand prix du roman de l’Académie française) et « L’Heure des prédateurs » (Gallimard, 2025). Directeur de l’Institut français des relations internationales (Ifri), Thomas Gomart publie le 22 janvier « Qui contrôle qui : les nouveaux rapports de force mondiaux » (Tallandier).
"Nous faisons face à un moment très particulier de collusion idéologique entre la Maison-Blanche et le Kremlin, qui produit un schisme transatlantique auquel nous ne sommes absolument pas préparés et qui rebat complètement les cartes", Thomas Gomart
"Pour les Européens, les décennies de désarmement structurel coûtent cher. Nous désarmons depuis le début des années 1970. Nos dépenses militaires représentaient alors 3 % à 4 % du PIB et nous devons tout à coup faire un effort très important. Cet effort n’est pas exigé seulement par Trump mais aussi par les Administrations américaines précédentes. Le message est clair : il va falloir que vous assumiez davantage votre sécurité et votre défense, tout en restant sous contrôle", Thomas Gomart
"Nous assistons au retour de la prime à l’offensive. Dans l’histoire, il y a des phases dans lesquelles - et c’est en partie lié au développement de la technologie - c’est l’offensive qui prime, c’est-à-dire la transgression, le fait de casser les codes, de briser les règles ou encore de passer à l’attaque.", Giuliano da Empoli
"On peut y voir un projet néo-impérial, mais pas seulement. Pour Trump, l’Europe est, d’une certaine façon, une extension de la guerre culturelle intérieure. Dans son acharnement, il n’y a pas qu’une composante rationnelle. Si l’Administration américaine sait raison garder avec d’autres parties du monde, qu’elle traite de façon plus équilibrée, elle a avec l’Europe une attitude fortement dictée par l’idéologie. C’est lié au fait qu’ils la voient comme une extension de ce qu’ils combattent à l’intérieur de leur pays. L’Europe devient à leurs yeux l’extension des démocrates américains, des vieilles élites américaines et même des élites républicaines qui sont traditionnellement transatlantiques. C’est pourquoi l’issue de ce combat en Europe sera fortement liée à ce qui se passera à l’intérieur du système politique américain, où des choses assez radicales peuvent se produire.", Giuliano da Empoli
> Pour aller plus loin : lire ici l'interview avec Thomas Gomart, parue dans Le Figaro.
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