Coopération de défense : Paris et Berlin cherchent un rebond dans la dissuasion avancée
Les deux gouvernements se réunissent vendredi pour un conseil des ministres franco-allemand, précédé jeudi par un tête-à-tête entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz.
A l’occasion d’un sommet ministériel près de Cologne vendredi, la France et l’Allemagne veulent avancer sur le volet conventionnel de la dissuasion commune. Les deux capitales ont balisé les pistes de la détection avancée de frappes, les frappes dans la profondeur et la défense antimissile.
Tout faire pour faire oublier l'échec du SCAF. Un gros mois après l’abandon du projet de chasseur commun, les gouvernements français et allemand se retrouvent vendredi près de Cologne pour un conseil des ministres avec un agenda centré justement sur les sujets touchant à la défense. En amont, les deux dirigeants ont joué sur des aspects symboliques, mais pas uniquement. Friedrich Merz a ainsi été, avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, invité d’honneur du défilé militaire du 14-Juillet sur les Champs-Elysées. Ce moment privilégié devait reléguer à l’arrière-plan les désaccords qui ont miné la relation bilatérale ces derniers mois : l’accord de libre-échange avec le Mercosur, le plan d’aide à l’Ukraine ou encore le Scaf.
La veille, les deux capitales ont aussi posé un jalon avec le lancement avec huit autres pays d’une coalition contre les missiles balistiques. Elle vient s’ajouter à différents programmes européens, notamment celui sur les frappes en profondeur (ELSA). « Il y a énormément de formats multilatéraux avec pour points communs la présence de la France et de l’Allemagne. C’est une approche un peu plus pragmatique du franco-allemand, avec d’autres partenaires. Cette évolution est due au contexte géopolitique très dur et l’attitude plus qu’ambiguë des Etats-Unis, qui pousse un peu tout le monde à se rassembler », observe Yann Wernert, chercheur au Centre Jacques Delors de Berlin.
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Spatial. Ainsi, Paris et Berlin se sont engagés, à travers l'initiative Jewel, à développer un système de détection précoce des missiles balistiques. Le cœur du dispositif est une constellation de satellites avec des senseurs à infrarouge. « L'enjeu est de pouvoir avancer non seulement sur le secteur spatial, mais également sur le secteur terrestre, les radars », explique-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat, qui aura un entretien en tête-à-tête avec Friedrich Merz jeudi soir. De leur côté, les fabricants de missiles MBDA et ArianeGroup se positionnent pour le développement en commun de capacités de frappes dans la profondeur. Les deux groupes présentent l'avantage de disposer de sites de production des deux côtés du Rhin.
Berlin et Paris comptent réaffirmer leur engagement dans le développement de la constellation spatiale européenne Iris², à but également militaire. L'engagement de l'Allemagne avait été sujet à questionnement face à la volonté de l'armée allemande de se doter de ses propres satellites.
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Cette décision « ne remet pas en cause les fortes complémentarités entre les deux pays. L'Allemagne demeure en effet dépendante de capacités critiques largement maîtrisées par la France, notamment pour l'accès autonome à l'espace », pointe dans une note Paul Maurice, secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes de l'Ifri.
Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri
- Lire la publication de Paul Maurice : « France-Allemagne : dépasser les différends pour renforcer la souveraineté européenne », Briefings de l'Ifri, juillet 2026.
>> >> Cet article est publié dans L'Opinion (réservé aux abonnés).
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