Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

En Pologne, premier exercice militaire grandeur nature pour la coalition des volontaires

Interventions médiatiques |

cité par Elise Vincent et Olivier Faye dans

  Le Monde 

 
Accroche

L’exercice Koalicja se déroulera à Nowa Deba, dans le sud-est du pays, du 9 au 22 novembre. Près de 2 800 soldats, en majorité des Français, doivent être déployés afin de tester la capacité de cette alliance à se déployer en cas de cessez-le-feu en Ukraine.

Image principale médiatique
Exercice Pologne
Myslenice, Pologne, 7 septembre 2026. Des soldats de l'unité militaire polonaise NIL participent à un exercice d'entraînement militaire
MatKotowicz/Shutterstock.com
Table des matières
Table des matières
body

Après bientôt deux ans de réunions et de sommets, la coalition des volontaires passe enfin aux travaux pratiques. Le 9 novembre, un exercice militaire inédit doit débuter à Nowa Deba, dans le sud-est de la Pologne, dans un contexte particulièrement tendu, afin de tester la capacité de cette alliance de trente-six pays, menée par la France et le Royaume-Uni, à se déployer en Ukraine le jour où les armes se tairont dans la guerre qui oppose Kiev à la Russie.

L’exercice Koalicja (« coalition » en polonais), censé durer jusqu’au 22 novembre, se veut une démonstration de la crédibilité militaire de cette alliance, qui ambitionne de constituer une force d’intervention capable de décourager Moscou de toute reprise éventuelle des hostilités. Une véritable gageure alors que les Etats-Unis ne font pas partie du dispositif et que leur implication dans les garanties de sécurité futures de l’Ukraine reste largement incertaine.

Pour cette première, près de 2 800 soldats, issus de dix pays, doivent être déployés dans cette région limitrophe de l’Ukraine. La France et le Royaume-Uni en sont les principaux contributeurs, aux côtés de l’Estonie, de la Lituanie, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Espagne, de la Suède et de la Belgique. Mais il ne faut pas s’attendre à une démonstration de force, avec chars et missiles.

D’après les premiers éléments communiqués, l’exercice Koalicja vise essentiellement à tester le système de commandement et les procédures d’acheminement logistiques des troupes et des matériels à travers l’Europe, complexes en raison du nombre de frontières à traverser. Des soldats ukrainiens seront présents dans cette perspective.

Koalicja doit également être l’occasion de vérifier la compatibilité des moyens de transmission entre les membres de cette force multinationale pour l’Ukraine (MNF-U), bras armé de la coalition des volontaires. La MNF-U pourrait rassembler, à terme, vingt-quatre pays qui se sont dits prêts à contribuer sur les trente-six membres de la coalition. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord est tenue informée du déroulement de cet exercice mais n’en est pas partie prenante.

Enfin, la lutte contre les drones devrait constituer une composante importante de cet exercice. Même dans un contexte de cessation des hostilités, c’est l’un des principaux points de vulnérabilité de toute opération extérieure aujourd’hui. L’armée de terre française a d’ailleurs prévu de profiter de l’occasion pour tester une unité de drones avec des systèmes autonomes aériens et terrestres.

Relative sobriété

[...]

La relative sobriété de l’exercice est à l’image des ambitions de la coalition des volontaires, qui ne prétend s’imposer ni comme une force d’opérations de combats, ni comme une « mission de maintien de la paix » entre Russes et Ukrainiens au moment où cesseront les hostilités. L’expression, véritable bête noire de tous ceux qui ont eu l’occasion d’être engagés dans ce genre d’entreprises en Afrique, dans les Balkans ou au Liban, est même proscrite.

« L’expérience d’années d’opérations de l’ONU [Organisation des Nations unies] montre que les missions de maintien de la paix ne sont pas une garantie du respect d’un cessez-le-feu, souligne Elie Tenenbaum, directeur du Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il faut surtout la volonté des parties prenantes d’y arriver. » 

Les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), censés faire respecter les accords de Minsk conclus entre Russes et Ukrainiens à la suite de l’annexion de la Crimée par Moscou, en 2014, en avaient fait le constat amer.

A distance de la frontière russe

Le but officiel de la coalition des volontaires tient plutôt en deux mots d’ordre aux contours encore flous : « réassurance » et « régénération ». Le premier signifie que la simple présence de soldats occidentaux en Ukraine, en particulier issus de puissances dotées de l’arme nucléaire comme la France et le Royaume-Uni, doit dissuader toute volonté de reprise des hostilités du côté russe. Le second indique que les forces déployées participeront à la remise en état des armées ukrainiennes, par de la formation ou la réparation de matériels. Les Ukrainiens sont supposés rester « la première ligne de défense et de dissuasion » du pays, ainsi que l’avait affirmé Emmanuel Macron, le 6 janvier.

Selon ce schéma d’intervention, les troupes de la MNF-U, qui, en cas de déploiement, pourraient compter jusqu’à 20 000 soldats – soit l’équivalent d’une division –, se tiendraient ainsi à bonne distance de la frontière russe. 

« Cette composante terrestre reste sujette à débat, relève Elie Tenenbaum, de l’Ifri. La France est pour, quand le Royaume-Uni imagine plutôt un soutien aérien à l’Ukraine. Quant à l’Allemagne, elle a pris le leadership des pays qui plaident pour que les troupes soient seulement déployées dans des pays adjacents, comme la Pologne. » 

Ce n’est pas un hasard si la majorité des soldats composant l’exercice Koalicja sont Français.

[...]

Article à lire en intégralité sur le site du Monde.

Decoration

Média

Nom du journal, revue ou émission
Le monde

Journaliste(s):

Journaliste
Elise Vincent et Olivier Faye

Format

Catégorie journalistique
Article

Partager

Decoration
Auteurs
Photo
Élie TENENBAUM

Élie TENENBAUM

Intitulé du poste

Directeur du Centre des études de sécurité de l'Ifri

Crédits image de la page
Myslenice, Pologne, 7 septembre 2026. Des soldats de l'unité militaire polonaise NIL participent à un exercice d'entraînement militaire
MatKotowicz/Shutterstock.com