Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Fin du traité New Start entre Russie et Etats-Unis : « Nous allons vers une ère où le nucléaire sera moins régulé »

Interventions médiatiques |

interviewée par Paul Véronique dans

  L'Express 

 
Accroche

L’expiration du traité New Start marque une nouvelle étape dans le détricotage de l’architecture de maîtrise des armements nucléaires, estime la chercheuse Héloïse Fayet. 

Image principale médiatique
Fin du traité New Start entre Russie et Etats-Unis : "Nous allons vers une ère où le nucléaire sera moins régulé" - Ifri
Dôme d'or américain contre les missiles - vue de la Terre depuis l'espace
shutterstock/2632058387
Table des matières
Table des matières
body

Quinze ans jour pour jour après son entrée en vigueur, le traité New Start prend officiellement fin ce 5 février. Dernier accord de maîtrise de l’armement nucléaire entre Washington et Moscou, il limitait jusqu’alors le nombre d’ogives déployées comme celui des lanceurs. L’expiration de cet accord, qui avait été négocié en 2010 entre Barack Obama et Dmitri Medvedev, illustre une « poursuite du détricotage de l’architecture de maîtrise des armements nucléaires », estime Héloïse Fayet, responsable du programme dissuasion et prolifération au Centre des études de sécurité de l'Ifri. L’occasion, aussi, de mener « une réflexion sur la manière de faire du contrôle de l’armement autrement ».

Pourquoi le traité New Start n’a-t-il pas été prolongé ?

Héloïse Fayet : Sur le plan légal, cela n’était plus possible dans la mesure où il l’avait déjà été une première fois. En effet, New Start ne comprenait qu'une seule clause de renouvellement. Or celle-ci avait déjà été activée en 2021 pour prolonger le traité de 5 ans - ce qui nous amène à sa date d’expiration de ce 5 février 2026. En revanche, il était éventuellement possible de prolonger une partie de ses dispositions. En septembre dernier, Vladimir Poutine avait ainsi proposé de maintenir pendant un an l’aspect quantitatif du traité, c’est-à-dire la limitation du nombre de têtes nucléaires stratégiques déployées. Cette prolongation ne concernait toutefois pas les autres éléments de l’accord, qui sont en réalité les plus importants.

Tout ce qui touche à la vérification et à la transparence, avec des inspections des sites nucléaires de chaque pays, n’était pas inclus dans la proposition. Il faut d’ailleurs rappeler que la Russie les avait suspendues en 2020 pendant la pandémie de Covid, avant que Poutine ne décide de suspendre l’application de New Start en 2023 à la suite de la guerre en Ukraine. De fait, il n’y a plus eu d'inspection américaine des sites nucléaires russes depuis 2020. Ce qui laisse penser à certains membres de la communauté stratégique américaine que la Russie a également arrêté d'appliquer les dispositions quantitatives de New Start, et aurait potentiellement déjà déployé plus de têtes nucléaires que ce que le traité lui autorise.

[...]

 

Texte citation
Héloïse Fayet affirme à propos de la fin de New Start que, « dans ce contexte, l’intensification de la compétition stratégique s’accompagne d’une augmentation potentielle des arsenaux nucléaires. On assiste clairement à la fin d’une époque qui avait vu prospérer ce type de traités hérités de la guerre froide. »

Photo
Héloïse FAYET
Héloïse FAYET
Intitulé du poste

Chercheuse, responsable du programme dissuasion et prolifération, Centre des études de sécurité de l'Ifri

body

>> Retrouvez l'article en intégralité sur le site de L'Express

Decoration

Média

Nom du journal, revue ou émission
L'Express

Journaliste(s):

Journaliste
Paul Véronique

Format

Catégorie journalistique
Article

Partager

Decoration
Auteurs
Photo
Héloïse FAYET

Héloïse FAYET

Intitulé du poste

Chercheuse, responsable du programme dissuasion et prolifération, Centre des études de sécurité de l'Ifri

Crédits image de la page
Dôme d'or américain contre les missiles - vue de la Terre depuis l'espace
shutterstock/2632058387