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« L’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe » : quand l'Allemagne se rêve première puissance militaire du continent

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interrogé par Camille Pagella pour

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Le ministre allemand de la Défense a présenté la nouvelle stratégie de défense nationale. Cette dernière, qui prévoit un développement en trois phases, vise aussi à faire de la Bundeswehr la cheffe de file du pilier européen de l’OTAN.

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« Nous ferons de la Bundeswehr l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe ». Le 22 avril, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, dévoilait une nouvelle stratégie militaire. Objectif: moderniser en profondeur la Bundeswehr face notamment à ce qu’il qualifie de « plus grande menace pour notre sécurité »: la Russie. 

Baptisée « Conception globale de la défense militaire », la feuille de route s’articule en trois phases. D’ici à 2029, la priorité est donnée à la «maximisation rapide» de la capacité de défense et à renforcer les effectifs. Berlin vise 460 000 soldats, dont 200 000 réservistes. Cap ensuite sur 2035, avec une « montée en puissance » des forces armées et un renforcement significatif des capacités dans tous les domaines (terre, air, mer, cyberespace), conformément aux objectifs de l’OTAN. Enfin, à l’horizon 2039, la Bundeswehr ambitionne de devenir une armée « technologiquement supérieure ».

[...]

Pour Stéphane Audrand, consultant indépendant en risques internationaux, historien, officier de réserve dans la Marine française et chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI), « le cœur de cette stratégie, c’est le choix assumé de la centralité de la relation transatlantique et de l’OTAN. Berlin ne cherche pas l’autonomie européenne: il vise avant tout à devenir la nation intégratrice et le chef de file du pilier européen de l’OTAN. D’ailleurs, ni la France ni le Royaume-Uni ne sont mentionnés explicitement dans le document. »

[...]

« Paris et Berlin partagent le même diagnostic face à l’imprévisibilité de Trump mais en tirent des conclusions radicalement différentes, reprend l’expert. Côté français, il s’agit, sans se détacher de l’OTAN, de bâtir une véritable autonomie stratégique, capable de se passer des Etats-Unis si nécessaire. Outre-Rhin, le raisonnement est que Washington ne se désengagera que s’il estime porter seul le fardeau. Dès lors, il faut le rassurer en musclant les capacités militaires européennes, en achetant américain et en s’alignant sur les doctrines de l’OTAN, plutôt qu’en traçant une voie strictement européenne. »

Texte citation
« L’Allemagne ne construit pas une armée pour agir seule, ni même uniquement entre Européens. Elle développe un outil militaire destiné à opérer dans le cadre de l’OTAN, sous capacités et commandement américains, selon des plans définis par les Etats-Unis. Il ne s’agit donc pas d’une quête d’autonomie stratégique, mais de renforcer le pilier européen de l’Alliance sans s’en affranchir »

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Stéphane Audrand
Stéphane AUDRAND
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Chercheur associé, Centre des études de sécurité de l'Ifri

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