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"Les Européens sont lucides sur la proximité indo-russe" : l’Inde, multi-alignée mais qui achète français

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citée par Jeanne Auberger dans

  Marianne 

 
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Fidèle à sa tradition de non-alignement, New Delhi cultive une diplomatie d’équilibriste entre grandes puissances, tout en renforçant des partenariats stratégiques clés, notamment avec la France, dans un monde marqué par la domination sino-américaine.

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Premier ministre Narendra Modi, le président français Emmanuel Macron et la Première Dame Brigitte Macron lors du lancement conjoint de l'Année de l'Innovation Inde-France 2026 à l'emblématique Gateway of India, le 17 février 2026 à Mumbai, en Inde.
Premier ministre Narendra Modi, le président français Emmanuel Macron et la Première Dame Brigitte Macron lors du lancement conjoint de l'Année de l'Innovation Inde-France 2026 à l'emblématique Gateway of India, le 17 février 2026 à Mumbai, en Inde.
Hindustan Times/Shutterstock
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Depuis lundi 16 février et jusqu’à ce vendredi, l’Inde est l’hôte d’un grand sommet sur l’intelligence artificielle qui doit réunir des dizaines de dirigeants du monde entier ainsi que des entrepreneurs et chefs d’entreprise. Cette quatrième édition place le pays au cœur des enjeux technologiques contemporains et lui permet de montrer son influence dans un monde fragmenté où elle défend depuis longtemps une position « multi-alignée ». Dans un contexte de désordre mondial, l'Inde ménage ses relations avec de nombreuses puissances dont la Russie, la Chine ou encore l’Union européenne. 

Un partenariat de longue date entre la France et l'Inde 

Membre historique du mouvement des non-alignés qui a émergé pendant la guerre froide, l’Inde se comporte depuis toujours comme un équilibriste dans le jeu des relations internationales. Dernier exemple en date : sa prise de position dans la guerre en Ukraine. Il est difficile pour l’Inde de couper les ponts avec la Russie, partenaire clé, qui constitue son premier fournisseur d’armes (36 % entre 2020 et 2024). New Delhi n’a d’ailleurs pas reconnu les sanctions européennes imposées à Moscou et s’est vu infliger, il y a cinq mois, une surtaxe américaine de 50 % en raison de ses achats de pétrole russe. Mais depuis le 23 janvier, le pétrole d’origine russe transitant par des États tiers – et donc par l’Inde – n’est plus autorisé sur le sol européen. 

« Cela va être intéressant de voir comment les Indiens vont réagir face à cette question sensible », juge Sylvia Malinbaum, chercheuse et responsable de la recherche sur l'Inde et l'Asie du Sud au Centre Asie de l'Ifri qui poursuit : « Les Européens sont lucides sur la proximité indo-russe qui reste un point de vigilance. Européens et Indiens ne sont pas alignés sur tout mais acceptent de bâtir un agenda en assumant de plus en plus leurs différences ».

Soucieux d’entretenir de bonnes relations avec l’Union européenne – qui est son plus grand partenaire commercial (24 milliards d'euros d'échanges de marchandises en 2023, soit plus de 12 % du total du commerce indien) – New Delhi compte sur ce partenaire pour diversifier ses fournisseurs, et notamment sur la France dans le secteur de l’aéronautique. Au programme de la visite de quatre jours d’Emmanuel Macron justement, la signature d’un contrat « historique » à trente milliards de dollars qui prévoit la vente de 114 chasseurs Rafale. L’objectif ? « ancrer la relation bilatérale en la tournant résolument vers l'avenir » a fait savoir l’Élysée qui soigne des relations commerciales représentant 15 milliards d’euros. 

Pourtant, le partenariat franco indien ne date pas de la présidence d'Emmanuel Macron, la France ayant fait le choix précoce d'investir dans ce partenariat, sous François Mitterrand d'abord avant d'être approfondie par Jacques Chirac. 

Cette relation privilégiée est chère aux Indiens qui « ont toujours apprécié que Paris ait sa vision diplomatique propre et ne dépende pas uniquement de Washington », explique Sylvia Malinbaum. Cela avait été particulièrement le cas en 1998 lorsque la France, contrairement aux États-Unis, n'avait pas condamné les essais nucléaires indiens Pokhran-II.

[…]

>> Retrouver l'article en intégralité sur le site de Marianne.

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Jeanne Auberger

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Sylvia MALINBAUM

Sylvia MALINBAUM

Intitulé du poste

Chercheuse, responsable de la recherche sur l'Inde et l'Asie du Sud, Centre Asie de l'Ifri

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Premier ministre Narendra Modi, le président français Emmanuel Macron et la Première Dame Brigitte Macron lors du lancement conjoint de l'Année de l'Innovation Inde-France 2026 à l'emblématique Gateway of India, le 17 février 2026 à Mumbai, en Inde.
Hindustan Times/Shutterstock