Les métaux stratégiques redessinent la géopolitique
Conscients d’être mis en échec par la Chine dans le domaine des métaux, les États-Unis sont désormais pris par une frénésie de recherche de ressources stratégiques. Cette rivalité sino-américaine et les efforts d’autres acteurs, comme l’Europe, le Japon, la Corée du Sud, restructurent les relations avec de nombreux pays riches en minerais. Parallèlement à de nouvelles occasions de développement économique émerge aussi une forme d’opportunisme géopolitique.
Plan de l'article
- De la vulnérabilité naît la puissance chinoise
- La frénésie américaine pour les minerais
- L’Europe doit chercher sa voie
La transition de la société actuelle vers un monde numérique et postcarbone se heurte à une réalité matérielle ancienne et hautement géopolitique : l’accès aux ressources. L’accès aux matières premières et la capacité à les transformer restent un facteur déterminant de la puissance aujourd’hui. De surcroît, les technologies modernes et émergentes – énergétiques, numériques ou encore de défense – nécessitent une diversité accrue de minerais et de métaux spécifiques.
Alors qu’un semi-conducteur fabriqué en 1990 se composait d’une quinzaine d’éléments chimiques de base, sa version actuelle requiert aujourd’hui plus de soixante ingrédients, dont des ressources bien connues et consommées en masse – cuivre, aluminium ou fer – mais aussi un grand nombre de matières premières jadis méconnues et dont les volumes sont infiniment moindres – gallium, indium, germanium, graphite ou encore des « terres rares », un groupe de dix-sept différents métaux dont le néodyme ou le dysprosium. Autant d’éléments dits « stratégiques » par leur caractère essentiel ou « critiques » par le fait supplémentaire d’une concentration importante de l’offre et des risques de rupture d’approvisionnement.
>> Un article publié dans la revue Etudes.
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