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L’Europe face à Trump : pourquoi Merz se différencie de Macron

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cité par Fabien Escalona dans

  Mediapart 

 
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Présenté par certains analystes comme un « de Gaulle » allemand, le chancelier conservateur a pourtant tempéré les velléités françaises de s’émanciper rapidement des États-Unis hostiles au projet européen, et s’est rapproché de la postfasciste Giorgia Meloni.

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En février 2025, pressenti comme le prochain chancelier allemand à la suite des élections législatives, le conservateur Friedrich Merz avait étonné en évoquant à la télévision un objectif d’« indépendance vis-à-vis des États-Unis » et la nécessité d’« établir […] une capacité de défense européenne autonome ». En France, beaucoup de responsables et d’analystes ont lu ces déclarations comme un ralliement aux ambitions d’« autonomie stratégique » du continent européen défendues de longue date par Paris.

Un an plus tard, l’ambiance n’est pas tout à fait la même. L’exécutif français s’est retrouvé isolé dans sa résistance au traité commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, face à des dirigeants allemands faisant pression pour sa signature et son application rapides. La coopération des deux pays pour le Système de combat aérien du futur (Scaf) menace de tomber à l’eau. Et lors de la 62 édition de la conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février, Friedrich Merz a tenu un discours beaucoup plus prudent qu’Emmanuel Macron en ce qui concerne l’avenir de la relation transatlantique.

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Vulnérabilités sécuritaires et commerciales

En tout état de cause, la revue de géopolitique Le Grand Continent va sans doute trop loin en voyant du « gaullisme » dans son orientation stratégique.

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Texte citation
« Une déclinaison outre-Rhin d’un “gaullisme” en matière de politique étrangère est d’autant plus improbable que le système politique est tout à fait différent, complète Paul Maurice, secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes au sein du think tank Institut français des relations internationales (Ifri). C’est un modèle fédéral, avec des ministres qui ont leur autonomie, puisqu’on est en coalition, et un Parlement dont il faut rechercher l’appui grâce à des compromis partisans. Par exemple, un envoi de troupes à l’étranger exige un vote nominal et préalable des députés, ce qui n’estpas le cas en France. »

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Paul MAURICE
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Rappelons que dans le cadre de l’Alliance atlantique, l’Allemagne compte par ailleurs sur son sol 19 bases états-uniennes, accueillant quelque 40 000 soldats, plus que n’importe où ailleurs dans le monde. Et ajoutons qu’en plus de cette dimension sécuritaire, comme le précise Paul Maurice à Mediapart, « les États-Unis sont le premier partenaire commercial de l’Allemagne ». L’exposition du pays aux foucades de l’administration Trump est donc plus forte que celle de la France.

Tous ces facteurs expliquent la tentation de « gérer » au mieux le milliardaire locataire de la Maison-Blanche, avec le risque que cette prudence devienne l’excuse d’un défaut d’action. En sachant qu’un autre risque alarme en parallèle certaines capitales : celui d’un activisme allemand qui rechercherait certes « l’efficacité », mais au détriment de l’unité européenne.

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Fabien Escalona

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