L’heure de vérité pour l'Europe face à Moscou, alors que la négociation russo-américaine la relègue au second plan
Moins que jamais l’Europe peut compter sur les Etats-Unis pour défendre ses intérêts. Alors que Donald Trump et Vladimir Poutine négocient l’avenir de l’Ukraine, Paris s’active et Berlin se réarme.
Une paix encore incertaine se dessine pour l’Ukraine mais elle a déjà un goût bien amer pour ceux qui depuis bientôt quatre ans résistent à l’agression russe. C’est un moment de vérité pour les Européens alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky, affaibli politiquement et militairement, subit une pression maximale de l’administration Trump pressée d’arriver à un accord, même injuste.
« Pour la première fois depuis le début de la guerre à grande échelle, les Européens sont désormais les seuls à aider la résistance ukrainienne mais seront-ils capables de continuer, voire de se substituer aux Etats-Unis si le soutien américain s’arrêtait totalement ? » s’interroge Elie Tenenbaum, responsable des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri).
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Garanties de sécurité
« Aujourd’hui, il n’y a qu’une partie des Européens réellement engagés, les Nordiques, les Baltes, les Polonais, les Allemands et les Britanniques, relève Elie Tenenbaum. Avec la politique que mène Emmanuel Macron, la France est très mobilisée mais elle donne de moins en moins pour l’assistance financière à l’Ukraine et les polémiques suscitées par les propos du chef d’etat-major sur les nécessaires sacrifices montrent une faible appétence pour le risque instillant le doute. »
Leur mobilisation est néanmoins indispensable, même en cas d’accord, afin d’être en mesure de fournir les garanties de sécurité à une Ukraine libre, y compris si elle est réduite à 80 % de son territoire. A l’initiative notamment de Paris et Londres, une force de réassurance a été montée avec 16 pays prévoyant que quelque 25 000 hommes soient déployés sur le territoire ukrainien après un cessez-le-feu. Une hypothèse que refuse Moscou. Faut-il passer outre ? Le président ukrainien ne se prive pas de rappeler que son pays « est actuellement le seul bouclier qui sépare la vie confortable des Européens des plans de Vladimir Poutine ».
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