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Sommet Russie-Afrique : avec les dirigeants africains, Vladimir Poutine (re)fait son numéro

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cité par Célian Macé dans

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Une vingtaine de chefs d’Etat du continent sont reçus au Kremlin, les 28 et 29 octobre, pour la troisième édition de ce forum diplomatico-économique.

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Drapeau de la Russie, une carte de l'Afrique et des drapeaux africains.
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Vladimir Poutine a renouvelé l’invitation. Pour la troisième fois en sept ans, le Kremlin organise un sommet Russie-Afrique, ces mercredi 28 et jeudi 29 octobre. La récurrence de l’événement montre – ou cherche à montrer – l’importance que Moscou accorde au continent depuis une dizaine d’années, tout en mettant en scène la force d’attraction diplomatique de la Russie, à rebours du discours européen sur son isolement. « Tout sommet, en Russie comme ailleurs, est d’abord une opération de communication, rappelle Thierry Vircoulon, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il s’agit d’une scénographie de la puissance russe à l’international. »

Alors que 43 chefs d’Etat avaient fait le déplacement à Sotchi en 2019, ils étaient moitié moins à Saint-Pétersbourg en 2023, un an après l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine. Cette année, à Moscou, une vingtaine de dirigeants africains ont fait le déplacement. Parmi eux, des partenaires historiques (Egypte, Mozambique, Zimbabwe), les « néoalliés » qui ont basculé dans l’orbite sécuritaire de Moscou ces dernières années (Mali, Niger, Centrafrique) et quelques pays non-alignés, comme le Kenya ou la République démocratique du Congo.

« Le cercle des amis de Poutine se rétrécit. Il y a là surtout des chefs de juntes militaires et des autocrates vieillissants », note Thierry Vircoulon. [...] Le général soudanais Al-Burhan ou le putschiste bissau-guinéen Horta N’Tam sont ainsi accueillis à bras ouverts à Moscou.

« La grande demande » de carburant

Officiellement, le rendez-vous russo-africain est aussi un forum d’affaires. Or sur le plan économique, Moscou peine à tenir ses promesses. Les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Russie sont passés de 17 milliards de dollars en 2019, lors du premier sommet de Sotchi, à 27 milliards l’an dernier, selon les chiffres officiels du Kremlin (les statistiques douanières russes ne sont plus disponibles depuis 2022). Soit 3,9 % du commerce extérieur russe. Les exportations de la Russie sont essentiellement à destination de l’Afrique du Nord, et notamment de l’Egypte (pour 10 milliards de dollars). A titre de comparaison, la seule Allemagne a échangé pour 65 milliards de dollars avec l’Afrique en 2025.

« Moscou entretient un “dialogue publicitaire” avec les gouvernements africains pour promouvoir son image économique, écrivait Thierry Vircoulon en 2025 dans une note pour l’Ifri. Si certains dirigeants sont dupés par les prétentions de Moscou, d’autres sont en manque de bailleurs et n’ont pas d’alternatives. » Avec la mise en place des sanctions occidentales, la Russie avait augmenté ses exportations de pétrole, à prix cassé, vers l’Afrique. « L’explosion du prix du baril crée des difficultés d’approvisionnement en carburant et des tensions sociales. Cela va être la grande demande des dirigeants africains à Poutine, estime le chercheur. Mais il n’est pas sûr qu’il puisse y répondre, car dans le même temps, les Ukrainiens ont commencé à frapper ses infrastructures pétrolières. »

Sécurité et propagande

« La Russie veut jouer dans la cour des grandes puissances sans en avoir les moyens », résume Thierry Vircoulon. En termes d’investissements, de prêts financiers, d’infrastructures ou d’aide au développement, Moscou n’est en effet pas en mesure de rivaliser avec la Chine, les Etats-Unis, les pays européens, la Turquie ou les pays du Golfe. Sa stratégie d’influence emprunte donc d’autres voies, moins coûteuses : la sécurité et la propagande.

« Moscou offre un filet de sécurité aux chefs d’Etat, une assurance tous risques. Et pour certains dirigeants, c’est séduisant. Pour le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra, par exemple, ça a marché, rappelle Romain Keppenne. Récemment, le Congolais Denis Sassou-Nguesso a confié sa sécurité à Africa Corps [une compagnie russe de sécurité pilotée par le Kremlin, ndlr] et le Malgache Michael Randrianirina est désormais protégé directement par les hommes du GRU [les services de renseignement russes]. » Thierry Vircoulon nuance : « Les Russes parviennent à sécuriser des régimes vulnérables, qui ont peur, mais qui ne font pas face à un environnement très violent. Dans le cas du Sahel, ils ne réussissent pas du tout à freiner la progression des groupes armés jihadistes. »

[...]

>> Un article à retrouver en intégralité sur le site de Libération.
 

ALLER PLUS LOIN :

Lire la Note de Thierry Vircoulon « De l'Afrique à l'Ukraine : enquête auprès de prisonniers de guerre africains » (octobre 2026).

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Celian MACE

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Thierry VIRCOULON

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Chercheur associé, Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

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