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Syrie, Venezuela, Iran… La chute de ses alliés « accélère le déclassement de la Russie »

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interviewée par Cécile Réto dans

  Ouest-France 

 
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Vladimir Poutine a assisté, impuissant, à la chute de ses alliés majeurs. Après le renversement du Syrien Bachar al-Assad, puis la capture du Vénézuélien Nicolas Maduro, l’assassinat de l’Iranien Ali Khamenei sonne comme un camouflet pour le président russe.

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Le président russe Vladimir Poutine serre la main du président iranien Masoud Pezeshkian lors d'une réunion en marge du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin, le 1er septembre 2025.
Le président russe Vladimir Poutine et le président iranien Masoud Pezeshkian au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin, le 1er septembre 2025.
Russian Presidential Office/UPI/Shutterstock
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Après le renversement du Syrien Assad, puis la capture du Vénézuélien Maduro, l’assassinat de Ali Khamenei illustre-t-il l’impuissance de Vladimir Poutine ?

Cela traduit et accélère le déclassement stratégique russe. Avec la Syrie, le Venezuela, la perte d’influence sur le conflit arméno-azerbaïdjanais, la Russie s’avère incapable de protéger ses partenaires. L’existence même de ces partenariats et la réaction éventuelle du Kremlin ne sont pas pris en compte par Washington, qui donne un signal clair de sa vision du rôle secondaire de Moscou. Et la Russie ne montre pas de volonté d’intervenir… L’accord russo-iranien de 2025 ne prévoit aucune clause de défense mutuelle. La Russie n’a aucune obligation de voler au secours du régime iranien. Elle a les mains liées par la guerre en Ukraine et le besoin de garder les faveurs de Donald Trump. Embourbée sur ce terrain, elle ne peut pas envoyer d’armes que l’Iran pourrait utiliser contre les autres partenaires de Moscou dans le Golfe. Impensable d’ouvrir un deuxième front contre les États-Unis et Israël, avec lequel elle a aussi des relations développées. Moscou se limite donc à un soutien verbal, probablement au partage de renseignement, même si des actions plus appuyées – comme l’envoi de systèmes anti-missiles S-400 – ne peuvent pas être exclues.

La guerre en Ukraine a renforcé la coopération militaire entre Moscou et Téhéran ? 

La solidarité entre ces pays sanctionnés s’est accrue. Avec des transferts de technologies, l’appui à des programmes (missiles, spatial), un contrat pour fournir à l’Iran des systèmes portables de défense aérienne… Mais la Russie n’est plus dépendante des drones Shahed fournis par l’Iran au début de la guerre : elle a su organiser la production de leur version modernisée sur le sol russe, au Tatarstan. La Russie a aussi des intérêts financiers en Iran… Oui, les compagnies russes sont présentes dans le secteur énergétique : Gazprom et Rosneft dans les gisements pétroliers et gaziers ; Lukoil pour l’extraction offshore en mer Caspienne ; Rosatom dans le nucléaire civil… Et dans les infrastructures, avec des projets liés au corridor Nord-Sud [ferroviaire et naval] entre la Russie et l’océan Indien. Avec ces investissements, Moscou contourne des sanctions occidentales. En retour, l’Iran bénéficie de capitaux, de technologies et de débouchés supplémentaires.

Citations Auteurs

La Russie n’est plus dépendante des drones Shahed fournis par l’Iran au début de la guerre : elle a su organiser la production de leur version modernisée sur le sol russe, au Tatarstan.

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Économiquement, la guerre fait-elle les affaires de Moscou ? 

À court terme, certainement. Toute tension majeure au Moyen-Orient fait monter les prix du pétrole et du gaz et desserre la pression des sanctions sur son budget. La Russie, fournisseur essentiel pour l’Asie et qui alimente encore une partie de l’Europe, y trouve un gain commercial immédiat. Mais l’instabilité régionale menace ses exportations via la mer Caspienne.

Vladimir Poutine se sent-il aussi menacé ?

[...]

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Cécile Réto

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Tatiana KASTOUÉVA-JEAN

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Directrice du Centre Russie/Eurasie de l'Ifri

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Le président russe Vladimir Poutine et le président iranien Masoud Pezeshkian au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tianjin, le 1er septembre 2025.
Russian Presidential Office/UPI/Shutterstock