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Uranium enrichi : transfert, dilution… Quelles options pour le stock iranien ?

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  Sud Ouest 

(avec AFP)

 
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Alors que la question du stock d’uranium enrichi iranien devra nécessairement être réglée pour mettre fin à la guerre, son avenir pose question.

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Amir-Saeid Iravani, représentant permanent de l'Iran auprès des Nations unies, lors de la réunion du Conseil de sécurité, le 22 juin 2025
Amir-Saeid Iravani, représentant permanent de l'Iran auprès des Nations unies, lors de la réunion du Conseil de sécurité, le 22 juin 2025
Derek French/Shutterstock
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Mettre un terme durablement à la guerre en Iran passera par un accord sur le programme nucléaire de Téhéran, et donc sur le devenir de son stock d’uranium, dont la localisation et le niveau exact d’enrichissement restent incertains. Peut-il être transféré dans un pays tiers, dilué jusqu’à des niveaux inoffensifs ? Voici quelques points essentiels.

Quid du stock d’uranium iranien ?

Les dernières données de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avaient été publiées juste avant la guerre des Douze jours en juin 2025. Selon les inspecteurs de l’AIEA, l’Iran disposait alors de 441 kg d’uranium enrichis à 60 % proches du seuil des 90 % permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kg enrichis à 20 % et de plus de 6 000 kg à 5 %. Le stock de 60 % était sur trois sites : Fordo, Natanz et Ispahan.

Depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025 puis celles de cette année, le sort de ce stock reste incertain en l’absence d’inspections de l’AIEA : est-il enfoui comme l’affirme Téhéran ? Une partie a-t-elle été déplacée, détruite ?

Autre incertitude, soulignent plusieurs sources occidentales : l’Iran a-t-il pu installer un ou plusieurs sites clandestins avant la guerre de 2025, d’autant qu’avant juin, certains inspecteurs avaient été bannis des sites ?

Toutes ces inconnues rendent indispensable le retour de l’AIEA, estiment des sources diplomatiques européennes, jugeant que c’est même un préalable à toute négociation, alors que le nombre de 1 200 kg d’uranium enrichi à 20 % circule sur la base de renseignements américain et israélien, loin des 180 kg recensés par l’AIEA avant les deux guerres.

La chercheuse Héloïse Fayet du centre des études de sécurité de l'Ifri rappelle qu'« il n’y a pas d’usage civil de l’uranium au-delà de 20 % ». Des usages civils, par exemple pour des centrales électriques, nécessitent un enrichissement de 4 ou 5 %. Pour cette raison, Européens, Américains et Israéliens soupçonnent de longue date les Iraniens de vouloir se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran a toujours démenti, défendant un droit à l’enrichissement pour un usage civil.

L’option du déménagement

Jeudi, le président américain Donald Trump a affirmé que les Iraniens avaient accepté de leur rendre « la poussière nucléaire », en référence au stock d’uranium. « Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord », a-t-il ajouté. Si Washington et Téhéran parvenaient à un accord, une des options pourrait être de sortir du pays tout ou partie du stock d’uranium hautement enrichi.

« Il y a eu un précédent en 2015 quand une partie de l’uranium iranien enrichi avait été transférée vers la Russie », rappelle Mme Fayet, en référence aux modalités du précédent accord international encadrant le programme nucléaire iranien, le JCPOA, dénoncé par Donald Trump en 2018. « Mais ce n’était pas du tout le même niveau d’enrichissement qu’aujourd’hui. Ce serait d’autant plus compliqué que la relation USA-Russie d’aujourd’hui n’est plus la même qu’en 2015, et les stocks iraniens sont beaucoup plus importants », analyse-t-elle.

La Russie se dit prête à le faire. « Cette proposition a été formulée par le président (Vladimir, ndlr) Poutine », a déclaré la semaine dernière le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, ajoutant que « l’offre tient toujours, mais n’a pas été suivie d’effet ».

L’option de la dilution

« Nous avons proposé la dilution à l’intérieur même du pays », a indiqué à l’AFP une source diplomatique iranienne, sans toutefois en préciser les modalités. Cette opération serait-elle réalisée sous le contrôle d’inspecteurs de l’AIEA ? Sous le contrôle d’experts américains ?

À Paris, on estime que la dilution sous contrôle de l’AIEA aurait l’avantage de faire revenir les inspecteurs et de rétablir une forme de transparence. Diluer l’uranium à un taux inférieur à 5 % permettrait d’éloigner considérablement la menace d’un enrichissement à des fins militaires.

Héloïse Fayet note néanmoins que les modalités et le degré de dilution sont loin de faire consensus. 

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« Tout va dépendre de l’acceptation américaine de laisser l’Iran enrichir sur son territoire »

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Héloïse FAYET
Héloïse FAYET
Intitulé du poste

Chercheuse, responsable du programme dissuasion et prolifération, Centre des études de sécurité de l'Ifri

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Il s’agit aussi de sortir de la ligne rouge des deux parties : le zéro enrichissement longtemps exigé par Washington, mais refusé par Téhéran.

Pour les Européens, quelle que soit l’option sur laquelle Américains et Iraniens travailleront, ce ne sera que le début de négociations au très long cours car il faudra trouver un moyen d’encadrer strictement le programme iranien pour le long terme. Car, en dépit du revers incontestable du programme iranien, le savoir-faire n’a pas pu être entièrement effacé, s’accordent les experts.

« Il est désormais impossible de faire renoncer l’Iran à un programme nucléaire du fait de la connaissance et des installations », observe ainsi Héloïse Fayet. « Mais on peut le contrôler et le limiter. » C’était précisément l’objet de l’accord JCPOA signé en 2015, après près de deux ans d’intenses négociations.

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Héloïse FAYET

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Chercheuse, responsable du programme dissuasion et prolifération, Centre des études de sécurité de l'Ifri

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Amir-Saeid Iravani, représentant permanent de l'Iran auprès des Nations unies, lors de la réunion du Conseil de sécurité, le 22 juin 2025
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