À la recherche du soldat augmenté : espoirs et illusions d’un concept prometteur
Longtemps cantonnée au champ de la science-fiction, la perspective d’un combattant aux ressources physiques et cognitives transformées par la technologie afin d’accomplir des performances extrahumaines dans le cadre d’un usage militaire semble de moins en moins éloignée de la réalité.
Il s’incarne actuellement dans l’avènement d’un « soldat connecté » qui utilise ses sens pour savoir ce qui se déroule dans des lieux hors d’atteinte dans des conditions normales. Cette augmentation n’est toutefois pas générale. En dépit d’avancées certaines dans de nombreux domaines technologiques, elle ne s’étend pas encore aux secteurs de la mobilité et de la protection. Par ailleurs, ces avancées se limitent pour l’instant à des techniques d’augmentation sur le corps, ce qui limite leur aspect original et novateur. Le soldat augmenté du futur n’émergera vraiment qu’avec des progrès sensibles dans le domaine des sciences de la vie et l’introduction de techniques nouvelles d’augmentation dans le corps du soldat.
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À la recherche du soldat augmenté : espoirs et illusions d’un concept prometteur
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Depuis février 2022, les frappes de missiles et de drones à longue portée russes contre l'Ukraine rappellent presque quotidiennement ce que les États européens pourraient affronter dans une guerre contre la Russie. Les mêmes systèmes d'armes qui frappent les infrastructures et les centres de population ukrainiens seraient dirigés contre des cibles militaires et civiles européennes dans toute confrontation entre la Russie et l'OTAN. À mesure que la production russe de missiles s'accélère et que son arsenal se diversifie, l'Europe doit se confronter à une question inconfortable : comment dissuader, et le cas échéant combattre, l'arsenal de frappe russe à longue portée ?
Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité
Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile.