Quelle stratégie pour l’aide civile en Ukraine ?
Études de l'Ifri, juin 2022
Les institutions ukrainiennes ont dans l’ensemble résisté au choc de la guerre : le gouvernement central et les collectivités territoriales disposent d’une véritable légitimité et d’une solide capacité à gouverner.
Dans ce contexte, il faut privilégier et renforcer le système institutionnel existant plutôt que de créer de nouvelles institutions ou d’introduire des organisations non gouvernementales (ONG) internationales – sauf exception pour des compétences très ciblées.
Dans les régions les plus touchées, la bonne organisation des collectivités locales est un atout à utiliser. Les collectivités territoriales, appuyées par les gouverneurs, jouent un rôle majeur dans l’acheminement de l’aide sur la ligne de front. Néanmoins, les mairies ont déjà largement évacué leur personnel, notamment dans le Donbass. En dépit du soutien financier du gouvernement ukrainien, elles ne peuvent plus garantir leur budget faute de revenus locaux. Afin de renforcer les institutions municipales et d’assurer la continuité de leurs services, l’aide doit être redéployée à partir de villes (relativement) stables et sûres (Dnipro, Pavlograd).
Enfin, les associations de volontaires occupent une fonction clé dans la redistribution de l’aide et l’évacuation des civils. Cependant, ces associations peinent à se structurer efficacement afin d’assurer leur pérennité. Bien qu’essentiels à la résilience de la société et à la logistique du front, les bénévoles sont aujourd’hui épuisés. Une des mesures à envisager serait de salarier les permanents de ces associations. Il est essentiel que l’aide arrive avant l’été pour éviter la démobilisation des volontaires consécutive à la chute des dons privés. Cela permettrait de professionnaliser les associations et de renforcer leur capacité à obtenir davantage de financements internationaux pour l’aide aux déplacés ou la distribution alimentaire d’urgence. L’effondrement des institutions civilo-militaires causé par la crise humanitaire et le manque d’aide internationale dans les zones de combat entraverait la logistique dont dépend l’armée ukrainienne pour tenir le front. La résistance actuelle sur le front est repose en grande partie sur la solidité des chaînes d’approvisionnement et la capacité des administrations locales à poursuivre leurs efforts de coordination des réseaux de volontaires.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Quelle stratégie pour l’aide civile en Ukraine ?
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLes fausses promesses du Golden Dome. Incertitudes d’un projet déstabilisateur
Le Golden Dome, annoncé dans le Bureau ovale en mai 2025 par Donald Trump, est un projet de système de défense antimissile visant à protéger l’intégralité du territoire américain contre les menaces balistiques, hypersoniques, de croisière et autres missiles avancés. Inspiré du système israélien Iron Dome et de l’Initiative de défense stratégique (IDS) des années 1980, ce programme s’appuie sur une architecture multicouche intégrant des capteurs et des intercepteurs, dont une composante spatiale comprenant des intercepteurs orbitaux capables de détruire des missiles lors de leur phase de lancement.
Y a-t-il un pilote dans la flotte ? L’enjeu de l’intégration des systèmes autonomes au sein d’une force navale
Les systèmes autonomes ont pris la mer il y a bien longtemps. Même les « robots tueurs », objets d’angoisses récurrentes, ne datent pas d’hier : les mines marines sont apparues à la fin du XIXe siècle, les torpilles acoustiques dans les années 1940 et les frégates type Horizon conçues à la fin de années 1990 sont capables d’engager automatiquement une cible aérienne.
La fureur tombée du ciel. Analyse stratégique de la campagne aérienne contre l’Iran
Quel bilan pour les opérations Roaring Lion (RL) et Epic Fury (EF) lancées par Israël et les États-Unis contre la République islamique d’Iran le 28 février 2026 ?
Les enjeux de la 11e Conférence d’examen du TNP. Un régime fragilisé par la compétition stratégique
Le 27 avril 2026 s’ouvre à New York la 11e conférence d’examen (RevCon) du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), dans un contexte de forte compétition stratégique. Réunissant pendant un mois les 191 États parties au TNP , elle vise à faire le point sur le fonctionnement du Traité, son implémentation, et plus largement l’état de la non-prolifération et du désarmement, afin d’aboutir à un document dit « de consensus » autour des principaux défis et menaces pour le régime de non-prolifération.