Conflit et transformations du commerce en République centrafricaine
Le conflit qui a éclaté fin 2012 en République centrafricaine a durement affecté une économie centrafricaine déjà affaiblie par des années de mauvaise gouvernance et de crises à répétition, tout en renforçant davantage la dépendance du pays à l’extérieur.
Dans ce contexte, le secteur commercial apparaît comme un objet d’étude central pour saisir les transformations économiques, politiques et sociales engendrées par le conflit. Une analyse approfondie des dynamiques commerciales révèle cependant davantage des continuités que des mutations.
Sur le plan social, le conflit n’a pas véritablement modifié la composition et les hiérarchies dans le secteur, en dépit de la fuite des opérateurs commerciaux historiquement dominants à partir de 2013, revenus sur le marché dès 2015. Bien que de nouveaux hommes d’affaires en quête d’opportunités soient apparus, le secteur commercial reste largement dominé par les mêmes acteurs fortement internationalisés. Sur le plan politique, les fraudes et les contournements ont explosé à partir de 2014, les douanes ne parvenant pas à contrôler les flux qui traversent les frontières et les impôts se trouvant dans l’incapacité d’imposer des règles.
Ainsi la crise n’a fait qu’accentuer le caractère informel des échanges commerciaux et laissé une place encore plus grande aux groupes armés dans la régulation des flux commerciaux, et ce sur la majeure partie du territoire centrafricain. Le conflit n’a donc pas seulement accentué des dynamiques anciennes, il a également renforcé le rôle des acteurs armés dans le commerce.
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