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Algérie : une restauration musclée

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Politique étrangère, vol. 87, n° 2, été 2022
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Accroche

L'élection du président Tebboune, suivie de la pandémie de Covid-19, a marqué l'épuisement d'un Hirak massif, mais qui avait échoué à se constituer en alternative politique. La répression ne peut cependant masquer l'absence de renouvellement du pouvoir et la persistance des problèmes économiques. À l'extérieur, les relations avec le Maroc se dégradent suite à son rapprochement avec Israël, et les relations avec la France sont toujours marquées par les rivalités de mémoires.

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Le 12 décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune était élu président de la République algérienne dès le premier tour du scrutin avec 58,13 % des suffrages exprimés, soit l’équivalent de 4,9 millions d’électeurs. Ancien wali (préfet), ministre à plusieurs reprises et même chef du gouvernement durant quelques mois en 2017, A. Tebboune succédait ainsi à Abdelaziz Bouteflika. Lâché par l’armée, ce dernier avait renoncé en avril à briguer un cinquième mandat en raison d’une très forte opposition populaire née au début de l’année. Bien que boudée par un grand nombre d’électeurs (14,7 millions d’entre eux ne se sont pas déplacés aux urnes, soit un taux d’abstention record de 60,12 %), cette élection marquait un point d’inflexion majeur dans une séquence jusque-là caractérisée par l’irruption du peuple algérien dans l’arène politique et son refus persistant d’un retour à la normale.


Début et fin (provisoire ?) du Hirak


En février 2019, l’annonce d’une candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat provoquait la colère de nombreux Algériens. Malade, diminué physiquement et invisible sur les scènes nationale et internationale depuis plusieurs années, le locataire du palais d’El Mouradia, ainsi que sa garde rapprochée personnifiée par son frère Saïd, entendait donc garder la main sur les affaires de l’État, refusant un quelconque passage de témoin. La cérémonie de proclamation de candidature, dans la salle de la Coupole sur les hauteurs d’Alger, organisée, entre autres, par le parti du Front de libération nationale, constitua le catalyseur d’une réaction populaire à laquelle ne s’attendait visiblement pas le pouvoir.


Des centaines de sympathisants furent acheminés des quatre coins du pays, à qui l’on distribua des sandwichs au cachir – charcuterie locale désormais synonyme de prévarication. Ils furent encouragés à acclamer non pas le candidat, absent, mais son portrait dûment encadré – d’où le surnom donné à ce rassemblement électoral de « cérémonie du cadre ». Trop sûrs d’eux, les organisateurs ont finalement provoqué l’humiliation de trop, et donc la colère immédiate d’un peuple jusque-là réticent à s’engager dans une manifestation d’envergure contre le régime. Il faut rappeler que le souvenir de la transformation du printemps algérien (1989-1991) en décennie noire (1992-2002) a longtemps pesé dans les mémoires. C’est ce qui a poussé la population à préférer jusque-là le statu quo, fût-il insatisfaisant, à l’aventure incertaine que pouvait représenter l’expérience d’une nouvelle ouverture démocratique.


PLAN

  • Début et fin (provisoire ?) du Hirak
  • Les raisons d’un échec
  • Répression à tout-va
  • Empêcher le Hirak de renaître
  • Grave crise avec le Maroc
  • Tensions avec la France


Akram Belkaïd est journaliste au Monde diplomatique et membre du comité de rédaction d'Orient XXI.

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Algérie : une restauration musclée

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La France et l'UE en Méditerranée : entre esprit de système et réalités

Date de publication
21 décembre 2020
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La France et la Turquie s’opposent en Méditerranée sur les crises régionales (Libye, Syrie), et la délimitation des eaux territoriales entre Athènes et Ankara. Au-delà de ces oppositions, la France peut-elle mettre en œuvre une stratégie dépassant les échecs des grandes machines diplomatiques des deux dernières décennies (processus de Barcelone, UpM) ? Et l’Union européenne, qui semble décidée à parler d’une seule voix, aidera-t-elle à passer des rêves de systèmes aux coopérations concrètes ?

Jean-François DAGUZAN
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Le Brexit et la fragmentation du Royaume

Date de publication
21 décembre 2020
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Le référendum sur le Brexit a ouvert une division du pays confirmée par les élections de 2019, en dépit de la victoire conservatrice. Le gouvernement central et les régions composantes du Royaume n’ont pas vraiment dialogué durant les négociations avec l’UE. Et les dynamiques d’explosion se renforcent nettement en Écosse, en Irlande, où la question de l’unification est à nouveau posée, voire au pays de Galles. Le système politique est secoué, et la cohésion du pays directement mise en cause.

Kirsty HUGHES
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Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?

Date de publication
21 décembre 2020
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Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.

Robert TOMBS
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La coopération militaire franco-britannique après le Brexit

Date de publication
21 décembre 2020
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Les questions de défense n’ont pas été sérieusement intégrées aux négociations du Brexit. Mais la redéfinition des priorités stratégiques américaines laisse à Londres peu d’espoir d’un special partnership égalitaire. Le retour de la France à une conception « gaullienne » de puissance d’équilibre pourrait par contre ouvrir la voie à un nouveau partenariat, qui ne prendrait toute son efficacité que dans le cadre d’une Alliance rééquilibrée et plus « européanisée ».

Adrien ABÉCASSIS Jolyon HOWORTH

Comment citer cette étude ?

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Akram BELKAÏD, « Algérie : une restauration musclée », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2022.
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Algérie : une restauration musclée