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Le modèle de Dubaï face au centralisme d’Abou Dhabi

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Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
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Page couverture PE n° 2 2021
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Vitrine des Émirats arabes unis, Dubaï n’a jamais complètement retrouvé la croissance d’avant la crise de 2009. La double crise sanitaire et économique est une nouvelle épreuve : Dubaï doit plus que jamais compter sur le soutien de l’émirat d’Abou Dhabi, cœur politique et sécuritaire de la Fédération. La phase actuelle confirme la prédominance politique d’Abou Dhabi dans la Fédération, et impose à Dubaï de redéfinir son modèle de développement, et son narratif.

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Alors qu’au début des années 1960, cette ville côtière avec une longue tradition marchande ne comptait que quelques maisons en pisé, un souk et un port accessible aux seuls boutres, Dubaï s’est rapidement développé, d’abord sous giron britannique, puis à partir de l’indépendance – en 1971 – de la Fédération des Émirats arabes unis (EAU) dont il est l’un des sept Émirats.


La rapide insertion de Dubaï dans la mondialisation


De manière assumée, Dubaï a construit son modèle de développement sur celui de Singapour, cité-État située au bord du détroit de Malacca, et dont la croissance a initialement été portée par son activité portuaire et logistique. À mi-chemin entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est, Dubaï a également cherché à capitaliser sur une géographie très avantageuse, et a repris à son compte la recette singapourienne : savant dosage de libéralisme économique et d’interventionnisme étatique, avec un État directement partie prenante du développement économique et industriel.


L’un des facteurs ayant permis cette rapide expansion de Dubaï est l’importance des liens économiques et humains entretenus par l’Émirat avec l’Iran et l’Inde voisins. Considéré comme le « Hong Kong iranien », Dubaï a été pendant longtemps le principal hub commercial pour le commerce avec Téhéran, jouant à la fois le rôle de première plateforme de réexportation vers l’Iran, notamment grâce au port logistique de Jebel Ali, mais aussi de hub financier à partir duquel se concluaient les transactions financières entre entreprises iraniennes et étrangères. À mesure que ces liens économiques se sont approfondis, Dubaï a également vu s’installer un nombre grandissant de ressortissants iraniens, particulièrement dans les années 1980, suite à l’établissement de la République islamique en Iran. Il en va de même avec l’Inde, pays avec lequel les échanges économiques, très antérieurs à l’indépendance de 1971, se sont intensifiés avec le début de l’exploration pétrolière et gazière dans la région, et dont les ressortissants forment désormais la première communauté du pays, avec plus de 25 % de la population. Le début de la guerre civile libanaise en 1975 a également permis à Dubaï de s’imposer, au détriment de Beyrouth, comme une nouvelle porte d’entrée, stable et accueillante, vers le reste du Moyen-Orient. […]


PLAN

  • La rapide insertion de Dubaï dans la mondialisation
  • Un premier sauvetage par Abou Dhabi, qui coûte progressivement à Dubaï son autonomie politique
  • Un modèle de développement menacé par un contexte régional sur lequel Dubaï n’a pas de prise
  • La crise du COVID-19 parachève la prédominance d’Abou Dhabi
  • Quel modèle, quel narratif, demain pour Dubaï ?
  • Vers un récit national émirien réconcilié ?


Matthieu Etourneau a été directeur Moyen-Orient du Mouvement des entreprises de France (MEDEF International) et directeur général du Centre français des affaires de Téhéran. Désormais basé à Dubaï, il est cadre supérieur dans le privé.

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Le modèle de Dubaï face au centralisme d’Abou Dhabi

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L’après-poutinisme en Russie : une succession ouverte ?

Date de publication
21 juin 2019
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Un débat semble s’ouvrir, y compris dans les cercles du pouvoir, sur l’après-Poutine. S’agit-il de maintenir, au-delà de l’actuel président, un État au fonctionnement spécifique par rapport aux normes occidentales ? Le projet purement politique n’est pas seul en cause, tant la dégradation économique et le mécontentement de la population pourraient s’imposer aux dirigeants. L’avenir du régime dépendra largement des choix économiques du gouvernement, de leur succès ou de leur échec.

Vladimir TCHERNEGA
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L’Union européenne vue de Russie

Date de publication
21 juin 2019
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La crise entre l’Union européenne et son voisin russe s’approfondit depuis l’annexion de la Crimée, et nulle solution ne semble annoncer une amélioration de la compréhension mutuelle. Les deux parties ne voient manifestement pas le monde et ses problèmes de la même manière. On essaie ici de reconstituer le schéma narratif russe sur le monde post-guerre froide, de déconstruire la vision russe de l’UE, pour mieux comprendre la nature des divergences et leurs vrais enjeux.

Roman VOLKOV
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Révolution numérique et transformation de l'action publique

Date de publication
21 juin 2019
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Les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des politiques publiques. Le mouvement d’ouverture des données (open data) rend les administrations moins opaques et permet de lutter contre la corruption. L’exploitation de ces données – dans le cadre de partenariats public-privé – peut aider les décideurs à optimiser l’allocation des ressources publiques et faire les bons choix. La numérisation permet d’alléger certaines procédures et de faciliter la vie des citoyens.

Carlos SANTISO
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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN

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Matthieu ETOURNEAU, « Le modèle de Dubaï face au centralisme d’Abou Dhabi », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
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Le modèle de Dubaï face au centralisme d’Abou Dhabi