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La Communauté de sécurité de l’ASEAN : progrès et obstacles

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Politique étrangère, vol. 82, n° 2, été 2017
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Page couverture PE n° 2 2017
Accroche

L’ASEAN entend traiter ses problèmes de sécurité de manière inclusive et souple. Elle a mis en place en 2003 une Communauté de sécurité, depuis dotée de multiples institutions et coopérations. Les coopérations entre États membres se développent, mais les structures multilatérales restent pour l’essentiel un trompe-l’œil. Et il n’est pas sûr que les formules souples qui restent la règle puissent être efficaces en un temps de recomposition géopolitique et d’affirmation de la force de Pékin.

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Voici cinquante ans, l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) et ses pays fondateurs ont refusé d’institutionnaliser une coopération de sécurité. Il s’agissait, en pleine guerre froide, de ne pas apparaître comme la nouvelle Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est (OTASE) ou une quelconque autre alliance militaire clivante, et de mettre l’accent sur une logique inclusive et une approche « globale » de la sécurité (comprehensive security), concept qui rappelle l’indissolubilité des paramètres économiques, politiques et sécuritaires. La Déclaration de Bangkok du 8 août 1967 écarte les questions militaires. Créée pour promouvoir « la paix et la stabilité » en Asie du Sud-Est, l’Association n’y a placé qu’implicitement sa perception de la sécurité régionale au cœur de son propos. Et même si les questions de défense sont évoquées aux réunions ASEAN, la coopération militaire a été longtemps traitée au niveau bi ou trilatéral. En ce sens, l’ASEAN a établi un « régime de sécurité », voire un « partenariat de sécurité régionale », plus qu’une communauté de sécurité.


Événement majeur, qui déclenche un passage à l’acte public : l’attentat de Bali du 12 octobre 2002, affirme une menace terroriste transnationale. Avec d’autres défis réactivés après la crise économique de 1997 (piraterie, trafics transnationaux…), il justifie en octobre 2003 (9e sommet ASEAN à Bali) l’engagement de former une Communauté de sécurité.


Pour de multiples raisons, d’ordre interne comme régional, la pertinence de la coopération sécuritaire est aujourd’hui au cœur des réajustements engagés par l’Association. Qu’il s’agisse des défis internes, régionaux ou systémiques, les menaces concrètes interrogent la vulnérabilité des États membres, de la région et de son ordre et architecture sécuritaires. La montée en puissance chinoise, le dossier sensible de la mer de Chine méridionale, la distanciation avec l’allié américain et les incertitudes introduites par la présidence Trump participent notamment d’une recomposition structurelle des paramètres sécuritaires sur laquelle l’ASEAN a peu d’emprise.


La Communauté de sécurité en cours d’élaboration pourrait donc s’avérer fragile et non résiliente face à ce nouveau type de menaces. L’Association s’est avérée d’une grande utilité pour établir un cadre de confiance et fixer les principes d’une coopération de défense qui s’intensifie. Mais les principes qui ont jusqu’ici fonctionné pourraient se révéler inadaptés pour répondre aux enjeux à venir et à la nouvelle configuration des forces. [...]


PLAN

  • Les principes d’une coopération de sécurité
  • Renforcer la coopération sécuritaire
  • Obstacles et limites
  • L’ASEAN et la mer de Chine du Sud
  • L’ASEAN de la sécurité et les nouveaux défis


Sophie Boisseau du Rocher est chercheur associé au Centre Asie de l’Ifri.

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La Communauté de sécurité de l’ASEAN : progrès et obstacles

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Sophie BOISSEAU du ROCHER

Intitulé du poste

Ancienne Chercheuse associée, Centre Asie de l'Ifri

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L’émancipation contrainte de la politique étrangère saoudienne

Date de publication
21 juin 2016
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Le retrait progressif des États-Unis du Moyen-Orient a profité à l’Iran. Cette situation n’est pas acceptable pour l’Arabie Saoudite qui s’affirme comme une puissance régionale de plus en plus active. Pour freiner l’expansion iranienne, Riyad n’hésite pas à s’impliquer militairement, que ce soit en Syrie ou au Yémen. L’affrontement saoudo-iranien ne doit pas être vu comme un choc entre sunnites et chiites : la politique étrangère saoudienne ne suit pas des considérations religieuses.

Louis BLIN
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L’Iran dans les crises du Moyen-Orient

Date de publication
21 juin 2016
Accroche

La politique régionale de l’Iran vise à la fois la préservation du régime et le renforcement de la sécurité d’un pays isolé. Dans un environnement qu’elle perçoit comme dégradé, la République islamique renforce ses défenses, et met en œuvre une stratégie asymétrique jouant de divers alliés dans les crises régionales, sans référence systématique à une logique chiite. L’accord nucléaire de 2015 et la crise syrienne pourraient inciter l’Iran à briser son relatif isolement régional.

Mohammad-Reza DJALILI
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Moyen-Orient : en attendant la nouvelle administration américaine

Date de publication
21 juin 2016
Accroche

Au-delà d’une histoire marquée par l’intervention des puissances, le Moyen-Orient est traversé aujourd’hui de conflits entrecroisant dimensions politiques, ethniques ou religieuses. Les États-Unis ne peuvent abdiquer leur leadership dans la région. La prochaine administration américaine devra donc se confronter au-delà de la question syrienne, à une multiplicité de problèmes, sans imaginer qu’ils pourraient se résoudre d’un coup, et redéfinir le réseau de ses partenariats dans la région.

John MCLAUGHLIN
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Océan Indien : le rapprochement stratégique indo-australien

Date de publication
22 septembre 2016
Accroche

En 2009, l’Inde et l’Australie ont signé une déclaration conjointe de sécurité. Depuis lors, les relations stratégiques entre ces deux États se développent. New Delhi et Canberra ont intérêt à éviter qu’un ordre régional dominé par la Chine ne s’instaure et que les relations entre Pékin et Washington ne s’enveniment. La coopération indo-australienne est néanmoins contrainte par plusieurs facteurs, dont le plus important a trait à une appréciation différente de la réponse à apporter à la menace chinoise.

Frédéric GRARE

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Sophie BOISSEAU du ROCHER, « La Communauté de sécurité de l’ASEAN : progrès et obstacles », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2017.
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La Communauté de sécurité de l’ASEAN : progrès et obstacles