L’Intelligence artificielle révolutionnera-t-elle l’art de la guerre ?
Les développements de l’Intelligence artificielle (IA) n’en sont qu’à leurs débuts et ils ont déjà un impact sur les forces armées. Certains systèmes d’arme sont aujourd’hui capables de déterminer automatiquement les cibles à traiter. À terme, les progrès de l’IA pourraient conduire à une véritable révolution militaire voire à une mutation dans le rapport entre l’homme et la guerre. Les prospectivistes les plus pessimistes imaginent des scénarios apocalyptiques mais le pire n’est jamais certain.
Les innovations technologiques sont régulièrement intégrées dans les armées pour améliorer leurs capacités et tenter de prendre un ascendant décisif sur leurs adversaires. L’Intelligence artificielle (IA) ne fait pas exception à cette règle. Les principales puissances militaires affichent déjà clairement leurs ambitions pour profiter des opportunités offertes par cette technologie prometteuse. La Chine a publié en juillet 2017 le Plan de développement de la nouvelle génération de l’Intelligence artificielle avec pour objectif de devenir en 2030 la première puissance mondiale dans le domaine des innovations liées à l’IA. Le Pentagone vient d’attribuer 2 milliards de dollars à l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA), son agence de recherche et de développement, notamment pour que les chefs militaires américains abandonnent leurs réticences face à cette nouvelle technologie, et fassent davantage confiance aux algorithmes sur le champ de bataille. En France, la création de l’Agence de l’innovation de défense le 1er septembre 2018 va stimuler l’introduction des applications de l’IA dans les forces armées.
Pour autant, cet engouement inquiète nombre d’experts de la société civile. Elon Musk, fondateur de Paypal et PDG de Tesla, a déclenché des réactions apeurées en annonçant sur Twitter en septembre 2017 que l’IA pourrait conduire à la Troisième Guerre mondiale, si elle calculait que l’initiative d’une frappe préemptive offrait la meilleure probabilité de remporter un conflit. Les progrès en matière d’IA pourraient-ils être si impressionnants qu’ils en viendraient à bouleverser l’art de la guerre, nous conduisant inexorablement vers l’Armageddon ?
Définir l’Intelligence artificielle
Le premier écueil à franchir dans les discussions sur l’Intelligence artificielle est de définir cette technologie. Il n’existe pas encore de consensus sur ce point tant ses applications sont variées. On proposera donc ici de la désigner comme un ensemble de techniques visant à organiser la matière pour qu’elle réponde efficacement à des tâches cognitives, selon des procédés qui ne sont pas nécessairement déduits de l’expérience humaine. Cette technologie est récente, et il convient de distinguer ce qu’elle peut déjà accomplir et ce qu’elle pourrait potentiellement réaliser. L’IA faible, qui est une réalité dans certains domaines, peut résoudre des problèmes spécifiques et limités. L’IA forte – qui, à ce stade, n’est qu’une promesse – serait capable d’accomplir l’ensemble des tâches que réalisent les humains. [...]
PLAN
- Définir l’Intelligence artificielle
- Une nouvelle Révolution dans les affaires militaires
- Vers une révolution militaire ?
- L’horizon lointain d’une IA forte
Jean-Christophe Noël, ancien officier de l’armée de l’Air, est actuellement chercheur associé au Laboratoire de recherche sur la Défense (LRD) de l’Ifri.
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Le président Pena Nieto a souhaité pour le Mexique une lutte contre le narcotrafic moins spectaculaire, et des réformes économiques profondes. Mais quatre années après son arrivée au pouvoir, la violence et la corruption demeurent très largement répandues. L’économie du pays, frappée par la crise mondiale, reste fragile, et les réformes sociales ont été peu décisives. Quant au système politique, il est toujours miné par une partitocratie largement impuissante.
Colombie : la longue marche vers la paix ?
Le conflit qui oppose la guérilla des FARC à l’État colombien a fait 220 000 morts entre 1958 et 2012, date à laquelle des négociations de paix ont démarré à La Havane. Les forces armées colombiennes ont conduit une campagne de contre-insurrection efficace qui a fortement affaibli les FARC. En juin 2016, gouvernement et rebelles ont signé un accord historique. Le cessez-le-feu paraît néanmoins fragile et la paix reste à construire.
Argentine : qu’est-ce que le kirchnérisme ?
Nestor et Cristina Kirchner ont présidé l’Argentine de 2003 à 2015, durée exceptionnelle dans l’histoire politique du pays. Cette continuité permet-elle de définir un mouvement comme le kirchnérisme, qui a évolué en fonction de la conjoncture internationale et des recompositions des alliances politiques ? Si sa continuité politique demeure incertaine, on peut le caractériser par trois articulations principales qui révèlent la portée et les limites de ce projet politique.
Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux
Les partis ethniques occupent une place importante sur la scène politique des Balkans occidentaux. Ils ne représentent pas nécessairement un danger pour la démocratie si leurs dirigeants acceptent de respecter le fonctionnement des institutions en place. Toutefois, dans plusieurs pays, les leaders nationalistes jouent avec le feu. Ils font peser un doute sur la démocratisation et la stabilisation de la région, deux conditions indispensables à une hypothétique accession à l’Union européenne.