Quelle politique étrangère américaine après 2020 ?
Les résultats de l’élection présidentielle américaine de novembre 2020 sont très incertains. Si Donald Trump est réélu, il mènera sans doute une politique étrangère conforme à celle de son premier mandat. En cas de victoire démocrate, on assisterait en partie à un retour aux fondamentaux de la diplomatie de Barack Obama. La confrontation sino-américaine sera sûrement le sujet central de ces prochaines années. Sur ce dossier, les Démocrates ne renieraient pas totalement l’héritage de Trump.
Les élections du 3 novembre 2020 devraient voir s’affronter Donald Trump et le démocrate Joe Biden. Sur leurs sites de campagne respectifs, les deux hommes annoncent des programmes de politique étrangère d’essence radicalement différente, fondés sur le nationalisme pour le premier, sur les valeurs de la démocratie et du respect des droits de l’homme pour le second. Le candidat démocrate doit cependant composer avec l’aile progressiste de son parti, qui prône une politique étrangère fondée sur le refus de l’exceptionnalisme américain et la recherche de justice sociale.
Si les différences de principes sont claires entre ces trois courants, le détail des projets se révèle beaucoup plus complexe, d’autant plus que les arbitrages sont loin d’être achevés dans le camp démocrate. À ce stade, il est cependant clair qu’une victoire de Joe Biden engagerait une rupture nette sur certains points, avec notamment le retour du multilatéralisme, mais présenterait des points de convergence avec les politiques menées par l’administration Trump. Ceci est particulièrement vrai sur la question des relations avec la Chine et du commerce international, sujets sur lesquels un changement de paradigme semble s’être imposé à tous depuis 2016. Cette évolution pourrait se trouver amplifiée par l’épidémie de COVID-19.
Si Trump est réélu : la poursuite du nationalisme
Les changements d’avis fréquents et imprévisibles du président américain ont laissé penser qu’il n’avait pas de projet clair en termes de politique étrangère. Rien n’est moins vrai. Donald Trump mène depuis janvier 2017 une politique résolument nationaliste et unilatéraliste, également marquée, en pratique, par certaines marottes, telles sa conviction qu’il est le meilleur négociateur du monde, sa détestation du président Obama, ou son admiration pour les dirigeants autocrates. Le départ des conseillers « raisonnables » du début de son mandat a laissé se révéler petit à petit la prise en main personnelle des dossiers et des décisions par le président. […]
PLAN
- Si Trump est réélu : la poursuite du nationalisme
- En cas de victoire de Biden : un retour à la ligne Obama ?
- Les anciens aux manettes
- Diplomatie et multilatéralisme - Les « Démocrates de 2021 »
- « Pas de retour en arrière sur le commerce » - La gauche du Parti contre l'exceptionnalisme américain
- Les choix révélateurs au Moyen-Orient
- La fin des « guerres sans fin »
- L'ambassade reste à Jérusalem
- L'Arabie Saoudite critiquée par tous
- Quelles sanctions contre l'Iran ? - Sur la Chine, un débat recentré
- Et le gagnant est…
Laurence Nardon est responsable du programme Amérique du Nord de l'Ifri.
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Quelle politique étrangère américaine après 2020 ?
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Le président Pena Nieto a souhaité pour le Mexique une lutte contre le narcotrafic moins spectaculaire, et des réformes économiques profondes. Mais quatre années après son arrivée au pouvoir, la violence et la corruption demeurent très largement répandues. L’économie du pays, frappée par la crise mondiale, reste fragile, et les réformes sociales ont été peu décisives. Quant au système politique, il est toujours miné par une partitocratie largement impuissante.
Colombie : la longue marche vers la paix ?
Le conflit qui oppose la guérilla des FARC à l’État colombien a fait 220 000 morts entre 1958 et 2012, date à laquelle des négociations de paix ont démarré à La Havane. Les forces armées colombiennes ont conduit une campagne de contre-insurrection efficace qui a fortement affaibli les FARC. En juin 2016, gouvernement et rebelles ont signé un accord historique. Le cessez-le-feu paraît néanmoins fragile et la paix reste à construire.
Argentine : qu’est-ce que le kirchnérisme ?
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