Europe in the Face of US-China Rivalry
La rivalité entre les Etats-Unis et la Chine est un terrain géopolitique miné ; l’Europe parviendra-t-elle à le traverser indemne ?
Le réseau ETNC (European Think-tank Network on China), dont l’Ifri est un membre fondateur, a consacré sa cinquième année de collaboration à l’étude de la rivalité sino-américaine et de son impact sur l’Europe. Fruit de ces réflexions, ce rapport aborde la manière dont 18 pays européens et l’UE tentent de trouver un équilibre entre les Etats-Unis, premier partenaire économique et stratégique, et la Chine, deuxième marché le plus important pour l’Europe et désormais une superpuissance économique ambitieuse.
Les analyses montrent comment l’unilatéralisme américain et l’affirmation de l’ambition chinoise incitent l’Europe à repenser son paysage stratégique. Malgré les nombreuses divergences entre eux, tous les pays analysés se trouvent dans une position similaire : tous considèrent les Etats-Unis comme leur allié le plus important et dépendent, d’une manière ou d’une autre, de la puissance militaire américaine mais tous tentent, dans le même temps, de maintenir, voire d’approfondir, leurs engagements économiques envers la Chine dans un contexte de méfiance stratégique et avec de nouveaux outils de protection, comme le mécanisme européen de contrôle des investissements étrangers.
Si la voie pour approfondir les relations de manière simultanée avec les deux rivaux stratégiques est semée d’embûches, ce choix semble être nécessaire pour assurer la prospérité européenne. L’objectif de la stratégie d’équilibre européenne est d’éviter l’émergence d’un système bipolaire dans lequel les pays de l’Europe seraient contraints de choisir un camp. C’est pourquoi de nombreux pays membres sont réticents à fermer complètement la porte aux entreprises chinoises pour le développement de leurs réseaux 5G.
Dans ce contexte, un groupe de pays, mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne, travaille avec Bruxelles afin d’améliorer l’autonomie stratégique et la souveraineté économique de l’Union européenne. L’objectif est notamment de réussir à développer de manière autonome certaines technologies critiques, indépendamment de la Chine et avec une dépendance de plus en plus mesurée vis à vis des Etats-Unis.
Dans le rapport, John Seaman, chercheur au Centre Asie de l’Ifri, revient sur le cas français. Les tensions sino-américaines se placent dans un contexte de relations de plus en plus tendues entre la France et ces deux pays. Le virage unilatéraliste des Etats-Unis sous Donald Trump met à l’épreuve les relations entre Paris et Washington et pourrait, à terme, éroder le socle normatif et stratégique sur lequel repose la coopération bilatérale. Les frictions au sein de la relation transatlantique ne bénéficient pas pour autant à la Chine. En effet, Paris est aujourd’hui beaucoup plus méfiant à l’égard de Pékin, de sa vision politique divergente et de ses ambitions mondiales. Malgré certaines différences de vues avec son allié, la France reste aujourd’hui incontestablement liée aux Etats-Unis. Paris souhaite avant tout pouvoir conserver son autonomie stratégique en maintenant des relations constructives à la fois avec Washington et Pékin et en cherchant à préserver l’ordre international multilatéral fondé sur le droit. La construction d’une Europe plus forte, plus solidaire et plus autonome devient également une priorité pour la France afin de mieux faire face aux tensions et incertitudes géopolitiques.
Le rapport est disponible en anglais uniquement: Europe in the Face of US-China Rivalry.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa base et les élites MAGA face à l’opération Epic Fury. Le soutien au président tiendra-t-il dans la durée?
Depuis la fin du mois de février, le Moyen-Orient est de nouveau déchiré par la guerre, à la suite de la vaste offensive aérienne menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran. L’opération, baptisée Epic Fury, a notamment permis, dès le premier jour, l’élimination de dizaines de hauts responsables iraniens.
South by Southwest 2026. Le festival texan au carrefour des visions de l’intelligence artificielle
Fin février 2026, l’administration Trump exige d’Anthropic, l’un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle (IA), créateur de Claude, un accès sans restrictions à ses modèles pour le Pentagone. Son P.-D. G., Dario Amodei, refuse au nom de « lignes rouges » éthiques – pas de surveillance de masse, pas d’armes totalement autonomes. Après l’échec de négociations, Anthropic se voit exclu des agences fédérales. Dans la foulée, OpenAI, son principal concurrent, signe avec le département de la Défense, tout en promettant de ne pas permettre un usage létal autonome.
Le Canada de Mark Carney, un an après
Début janvier 2025, le Premier ministre Justin Trudeau, en fin de course, est contraint à la démission et annonce de nouvelles élections, d’abord au sein du Parti libéral, ensuite à la Chambre des communes d’Ottawa. Battant des adversaires démotivés par l’avance du conservateur Pierre Poilievre dans les sondages, Mark Carney prend la tête du Parti libéral le 9 mars et remplace aussitôt Trudeau au poste de Premier ministre. Il profite alors du retournement des électeurs canadiens contre Pierre Poilievre, associé dans leur esprit à Donald Trump et aux propos prédateurs que tient ce dernier à propos du Canada depuis sa réélection fin 2024, et remporte les législatives du 28 avril.
L’administration Trump 2 et le nouveau capitalisme d’État américain
La politique économique du second mandat de Donald Trump s’inscrit partiellement dans la tradition néolibérale, cherchant à réduire le rôle de l’État perçu comme une entrave à l’initiative privée. L’administration adopte ainsi une orientation pro-business qui repose sur la dérégulation et les baisses d’impôt.