Poutine III à l'épreuve du web
La victoire de Vladimir Poutine est nette, mais elle ne s'est pas faite sans bavures. Le principe d'alternance reste toujours étranger à une culture politique marquée par la fusion des pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et médiatique. En apparence, avec plus de 63% des suffrages au premier tour, Vladimir Poutine est toujours le mâle dominant, tenant ses rivaux à bonne distance. En réalité, son système est aujourd'hui fissuré. La séquence électorale vient en effet de révéler les brusques évolutions du rapport entre l'appareil d'Etat et des segments de la société, à tel point qu'on se demande si la "verticale du pouvoir", longtemps incarnée par Vladimir Poutine, résistera à la fulgurance des réseaux sociaux. Probablement pas, car le style Poutine, mélange unique de détermination, de cynisme et de communication est aujourd'hui ouvertement contesté.
Corruption, oligarchie: quel seuil de viabilité pour les régimes?
L’actualité ukrainienne et la chute de l’ancien président Ianoukovitch nous invite à nous réinterroger sur la place de la corruption dans les mouvements insurrectionnels. On l’avait vu dès le début du printemps arabe où la corruption et l’enrichissement des proches de la famille du président Ben Ali avait largement participé à la montée de la gronde de la société tunisienne.
La stratégie de Poutine et les Etats-Unis
Poutine et Obama rejouent-ils un épisode de la Guerre froide?
"Il a eu le courage d'affronter son destin russe"
L’expulsion de Khodorkovski, qui rappelle celle de Soljenitsyne (l’auteur de l’Archipel du goulag) en 1974, marque-t-elle la peur du régime ?
- La comparaison est trompeuse. On a tendance aujourd’hui à embellir le parcours de Mikhaïl Khodorkovski parce que son incarcération symbolise depuis dix ans l’arbitraire du régime. Mais il faut aussi se souvenir du début de sa trajectoire.
"La libération de Khodorkovski est un signe politique et économique fort"
Vladimir Poutine lâche du lest: loi d'amnistie du 9 décembre profitant notamment aux militants de Greenpeace et aux Pussy Riots, grâce accordée à Mikhaïl Khodorkovski sorti de prison vendredi... Quelles raisons ont pu pousser le président à cette soudaine mansuétude? Décryptage.
Russie : pourquoi Poutine gracie Khodorkovski
Vladimir Poutine aime les coups de théâtre. Il l’a encore démontré jeudi, en attendant la fin de sa conférence de presse fleuve pour déclarer qu’il allait gracier l’ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski, son ennemi juré, qui croupit en prison depuis plus de dix ans.
A quoi joue Poutine ?
A quoi joue Poutine?
Avec: La journaliste Russe Ioulia Kapoustina; Thomas Gomart, directeur du centre Russie à l'Ifri (Institut français des relations internationales); Alain Frachon, directeur éditorial du "Monde"; et Ksenia Bolchakova, correspondante d’Europe 1 en Russe.
"Le boycott du sommet de Moscou par Obama renforce la popularité de Poutine en Russie"
Les faits - Thomas Gomart, 40 ans, est directeur du centre Russie à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Pour L'Opinion, il décrypte l'attitude russe, après la décision de Barack Obama d'annuler sa participation à un sommet avec Vladimir Poutine, début septembre à Moscou, à la suite de l'affaire Edward Snowden, ce défecteur de l'agence de renseignements américaine NSA à qui le pouvoir russe a accordé l'asile.
Russie : "Il y a une anxiété palpable du régime"
Que révèle la condamnation de Navalny ?
- Il y a incontestablement un raidissement du régime, qui veut détruire progressivement toutes les forces d’opposition qui se sont exprimées dans les rues en dénonçant les fraudes électorales après les législatives de décembre 2011 et la présidentielle de mars 2012. Ce verdict est un clair message de fermeté vis-à-vis de toute l’opposition dite illégale à la différence de celle qui est tolérée à la Douma. Alexeï Navalny, en outre, est une personnalité emblématique.
Jusqu'où Poutine est-il prêt à en découdre ?
Vladimir Poutine n’étant pas ce que l’on peut appeler un personnage exubérant, il y a peu de chance de le voir reproduire le coup d’éclat d’un de ses prédécesseurs à la tribune de l’ONU. Souvenez-vous : Nikita Khrouchtchev, en 1960, brandissant sa chaussure avant de l’abattre sur son pupitre, pour marquer sa désapprobation après des propos critiquant la politique expansionniste de l’URSS. Vraiment pas le genre de Poutine.
Pour autant, si le style est différent, le président russe n’est-il pas le digne héritier des anciens dirigeants soviétiques, exception faite de Mikhaïl Gorbatchev ? A savoir un adepte du Niet comme élément central de sa politique étrangère.
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