Confettis d’empire ou points d’appui ? L’avenir de la stratégie française de présence et de souveraineté
La France est l’une des rares puissances au monde à disposer d’une présence militaire globale permanente. Avec plus de 10 000 militaires issus des trois armées, déployés sur les cinq continents et les trois grands bassins océaniques, elle possède aujourd’hui le second dispositif de forces prépositionnées au monde.
Il s’articule autour de cinq forces de présence établies au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon, à Djibouti et aux Émirats Arabes Unis, ainsi que de cinq forces de souveraineté dans les départements, régions et collectivités d’outre-mer des Antilles, de Guyane, de l’océan Indien (Mayotte et La Réunion), de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française. Au cours des vingt dernières années, ce dispositif unique a cependant été frappé par une série de déflations d’effectifs et subi des retards successifs dans la livraison de nouveaux matériels. Il en résulte un système de force taillé « au plus juste », qui est traversé par d’importantes tensions – quand il ne s’agit pas de ruptures – capacitaires. La fatigue des équipements et la précarisation des effectifs pèsent tout particulièrement sur la capacité des forces prépositionnées à contribuer autant qu’elles le pourraient aux cinq grandes fonctions stratégiques confirmées par la Revue Stratégique de 2017. Ces points d’attention méritent d’autant plus d’être pris en compte que les forces prépositionnées seront confrontées dans les années à venir à de nombreux défis d’ordre démographique, climatique, économique, géopolitique et bien entendu militaire, qui contraindront fortement leur environnement opérationnel.
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